Bonjour à toi,

Il y a des endroits où l’on comprend mieux comment fonctionne réellement un secteur.

Le One to One Retail E-Commerce de Monaco en fait partie. Pendant trois jours, les responsables e-commerce, produit et surtout paiement des plus grandes enseignes se retrouvent dans un format qui laisse plus de place aux conversations qu’aux discours. Peu de slides, beaucoup de discussions. Et surtout, des échanges assez francs (et quelques potins) sur ce qui marche… et ce qui ne marche pas.

Ce qui frappe, en écoutant les responsables paiement, c’est à quel point leur rôle a changé - et évidemment, à quel point ils sont courtisés.

Pendant longtemps, le paiement a été un sujet presque invisible dans les organisations. Une couche technique héritée, souvent gérée par la DSI ou par les équipes financières, et dont on ne parlait vraiment que lorsqu’il y avait un problème : une panne, une fraude, une réconciliation comptable compliquée.

« Le paiement, il a changé », pour paraphraser un célèbre international français formé à l’AS Monaco.

Les sujets abordés cette année disent aussi beaucoup de l’évolution du secteur. On parle d’orchestration pour piloter plusieurs PSP et reprendre la main sur la performance du paiement. On observe l’arrivée progressive de nouvelles méthodes de paiement comme Wero ou Revolut Pay. Et l’on voit aussi revenir sur les feuilles de route un sujet que beaucoup d’enseignes avaient laissé de côté pendant quelques années : les marketplaces.

Mais derrière ces grandes tendances, la réalité reste très opérationnelle. C’est ce que montre le retour d’expérience très transparent d’Anne-Charlotte Hubert, Product Manager Checkout de Boulanger, qui revient sur sept années de transformation du paiement au sein de l’enseigne - entre fraude divisée par dix, taux d’acceptation en forte hausse et reconnaissance par les réseaux.

Le One to One est aussi l’occasion de rencontrer les dirigeants locaux des grands acteurs du paiement, venus prendre le pouls des commerçants et comprendre leurs priorités.

C’est dans ce contexte que Philippe Daly, nouveau directeur général de PayPal France, a accepté de livrer sa première interview depuis sa nomination. Avec 16 millions d’utilisateurs en France et une notoriété qui dépasse les 80 %, PayPal reste l’un des acteurs les plus installés du paysage du paiement - mais aussi l’un de ceux qui cherchent aujourd’hui à redéfinir leur place.

Reconquête des jeunes générations, paiement fractionné, sécurité, commerce agentique : dans cet entretien, il revient sur la feuille de route française du géant américain et sur la façon dont PayPal entend rester un acteur central du commerce.

Chloé

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Anne-Charlotte Hubert, Boulanger : « Le paiement, c’est pas juste un sujet technique. C’est de la satisfaction client. »

Fraude divisée par dix, taux d’acceptation en hausse de 11 points, jusqu’à 20 millions d’euros de revenus supplémentaires : chez Boulanger, le paiement est devenu un véritable levier business. Lors du One to One Monaco, Anne-Charlotte Hubert revient sur sept années de transformation aux côtés d’Adyen — d’un sujet longtemps invisible dans l’organisation à une fonction stratégique pilotée au plus près de l’expérience client et de la performance commerciale.

16 millions de Français utilisent PayPal : le géant passe à l’offensive

Avec 16 millions d’utilisateurs en France et une notoriété spontanée de plus de 80 %, PayPal reste l’un des acteurs les plus installés du paysage du paiement. Mais pour Philippe Daly, nouveau Managing Director France, l’enjeu n’est plus seulement la performance : c’est la reconquête. Reconquête des jeunes générations, repositionnement autour de la sécurité et de la confiance, et préparation de la prochaine frontière du commerce — l’agentique. Première interview et feuille de route depuis le One to One Retail Monaco.

Les dernières actualités de l’écosystème paiement

Mirakl et J.P. Morgan Payments s’allient pour bâtir une infrastructure de commerce agentique - Mirakl et J.P. Morgan Payments annoncent un partenariat mondial destiné à fournir aux grands marchands une solution intégrée pour participer au commerce piloté par l’IA sans avoir à développer eux-mêmes toutes les briques technologiques. Mirakl Nexus gérera la découverte produit, l’orchestration commerciale et le cycle de commande, tandis que J.P. Morgan Payments apportera l’exécution des paiements, la tokenisation et la gestion de la fraude. Les deux groupes insistent surtout sur la gouvernance - identité des agents, consentement, limites de dépenses, interopérabilité - qu’ils considèrent comme le vrai facteur différenciant d’un commerce agentique appelé à monter en puissance.

Revolut devient une banque à part entière au Royaume-Uni - Revolut franchit l’étape tant attendue avec l’obtention d’une licence bancaire complète au Royaume-Uni, après quatre ans (!) d’attente. La fintech, valorisée 75 milliards de dollars, peut désormais prêter, proposer des découverts et attaquer de front le cœur du métier bancaire sur son premier marché, où elle compte déjà 13 millions de clients. Cette validation par la Banque d’Angleterre renforce sa crédibilité internationale au moment où elle cherche aussi à obtenir une licence en France et aux États-Unis, avec en ligne de mire une ambition claire : devenir une vraie banque mondiale, capable d’exploiter son bilan dans chacun de ses grands marchés.

SumUp prépare une possible IPO en Europe - SumUp explore activement une introduction en Bourse sur une place européenne, avec Londres, Amsterdam et Francfort dans la short list, dans une opération qui pourrait valoriser le groupe plus de 10 milliards de dollars. Le spécialiste britannique des terminaux de paiement, déjà valorisé 8,5 milliards en 2023, semble privilégier l’Europe plutôt que New York, contrairement à beaucoup de fintechs, en raison de la géographie de ses revenus et du contexte plus mitigé pour les IPO tech européennes aux États-Unis. Cette réflexion s’inscrit dans une trajectoire plus large : SumUp ne veut plus seulement être un acteur du paiement, mais un groupe de services financiers plus complet, avec en parallèle un projet de licences bancaires dans l’UE puis au Royaume-Uni.

Worldline et ABN AMRO prolongent leur partenariat aux Pays-Bas - Worldline étend son partenariat de long terme avec ABN AMRO, consolidant sa place de partenaire stratégique de la banque néerlandaise sur des briques critiques de la chaîne de paiement. Le groupe continuera d’assurer pour ABN AMRO l’émission et la personnalisation de cartes, les virements SEPA, les paiements instantanés ainsi qu’un large ensemble de services de support. Au-delà de la continuité opérationnelle, ce renouvellement permet surtout à Worldline de remettre en avant son positionnement sur l’infrastructure, la résilience et la souveraineté des paiements, dans un marché néerlandais où la modernisation des rails reste un sujet clé.

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