Bonjour à toi,

On parle beaucoup d’Open Finance en Europe. Beaucoup trop.

On en débat. On en consulte. On en amende les textes. La DSP3 avance, mais à pas comptés. Et même si elle était adoptée demain, ses effets réels ne se verraient pas avant 2028.

2028.

Pendant ce temps, ailleurs, on n’attend pas. Au Brésil, Open Finance n’est pas un projet. C’est une infrastructure. Des millions de consentements actifs. Des centaines d’institutions connectées. Une mobilité bancaire réelle. Une portabilité du crédit déjà industrialisée.

Ce n’est pas une promesse réglementaire. C’est un standard de marché.

La différence n’est pas technique. Elle est politique.

En Europe, nous cherchons encore le bon équilibre. Au Brésil, ils ont choisi la direction.

Mais le vrai sujet dépasse Open Finance.

Car cette semaine, entre le Brésil, Decathlon et les lettres annuelles de Stripe et Checkout.com, un constat s’impose : le paiement change de nature.

Il cesse d’être un outil. Il devient une infrastructure.

Chez Decathlon, le paiement n’est pas un “feature”. C’est une organisation.

Pilotage groupe. Autonomie locale. Stack modulaire. La sophistication n’est pas visible.
Elle est structurelle.

On ne parle pas d’innovation spectaculaire. On parle de maîtrise.

Même logique côté prestataire de paiement.

Stripe construit la couche programmable de l’économie. Agents. Stablecoins. Wallets. Protocoles.

Checkout.com optimise la couche transactionnelle. Uptime. Acceptation. Vitesse. Profitabilité.

Deux discours. Une même conviction. Le paiement n’est plus un centre de coût. C’est une architecture stratégique.

Et c’est là que la question devient intéressant.

Cherche-t-on à optimiser un outil ? Ou à construire une infrastructure ?

Optimiser un outil, c’est comparer des tarifs. Construire une infrastructure, c’est penser résilience, gouvernance, standardisation, indépendance.

Dans un monde où l’instantanéité devient la norme et où les flux se complexifient, le temps joue contre l’indécision.

Il récompense l’exécution. Il sanctionne l’attentisme.

2026 sera probablement l’année des annonces spectaculaires. Mais ce seront les décisions prises en coulisses qui compteront vraiment.

Et en matière d’infrastructure financière, les décisions structurelles ne se corrigent pas à posteriori.

Chloé

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On se voit au One to One Monaco?

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Paiement omnicanal : Decathlon structure sa gouvernance entre global et local

Chez Decathlon, le paiement n’est ni un simple choix de PSP ni une roadmap innovation isolée. Entre pilotage groupe, autonomie locale, stack modulaire (près de 40 acteurs en France) et enjeux de résilience, l’objectif est clair : absorber la complexité en back-office pour préserver une expérience client parfaitement homogène — web, magasin et marketplace confondus.

Open Finance : Pendant que l’Europe débat, le Brésil s’éxecute

Alors que la DSP3 pourrait ne produire d’effets concrets qu’à l’horizon 2028, l’écosystème Open Finance Brasil est déjà en production : plus de 100 millions de comptes connectés et une mobilité bancaire réelle. Au-delà de la comparaison géographique, c’est une question de stratégie d’exécution qui se joue — gouvernance centralisée, standardisation forte et vision assumée.

Les dernières actualités de l’écosystème paiement

Stripe et Checkout.com publient leurs lettres annuelles avec deux stratégies très différentes mais un même signal fort : le paiement est devenu une infrastructure stratégique mondiale. En 2025, Stripe a traité 1 900 milliards de dollars (+34 %), soit l’équivalent de 1,6 % du PIB mondial, et dépasse désormais le milliard d’ARR sur sa suite Revenue & Finance Automation tout en alimentant 90 % des entreprises du Dow Jones et 80 % du Nasdaq 100 ; mais au-delà des volumes, Stripe se positionne comme la couche financière de l’économie de l’IA avec l’Agentic Commerce Protocol (avec OpenAI), des paiements machine en stablecoins, des tokens partagés, l’acquisition de Privy (110 millions de wallets programmables) et le lancement de sa blockchain Tempo. Checkout.com adopte une approche plus opérationnelle mais tout aussi stratégique : plus de 300 milliards de dollars traités en 2025 (+64 %), 9 milliards de transactions, près d’un milliard de cartes uniques, une croissance nette supérieure à 30 % pour la deuxième année consécutive et un retour à la profitabilité EBITDA annuelle, le tout avec 99,999 % d’uptime, 95 % des transactions en moins d’une seconde, +104 % sur les moyens de paiement alternatifs et 8,6 milliards d’instruments stockés dans son Vault. Là où Stripe parle d’architecture économique programmable, Checkout.com parle de performance mesurable : acceptation, vitesse, résilience, diversification des revenus. Deux exécutions d’une même thèse : dans l’économie numérique, le paiement n’est plus un centre de coût mais une infrastructure stratégique. La question pour 2026 n’est donc plus “quel PSP est le moins cher ?”, mais “quelle architecture vous permet de capter plus de valeur ?”.

Worldline mise sur l’omnicanal intégré avec One Commerce - Worldline lance “One Commerce”, une proposition unifiée visant à fusionner paiements en magasin et en ligne au sein d’une même architecture, présentée à EuroShop 2026. L’offre combine acceptation multicanale, data consolidée et services à valeur ajoutée, avec un modèle d’acquiring “à la carte” permettant aux marchands d’orchestrer du multi-acquéreur pour optimiser taux d’autorisation et coûts. Compatible avec les grands schemes (Visa, Mastercard), wallets (Apple Pay, Google Pay), moyens alternatifs (Alipay, WeChat Pay) et BNPL, la solution veut repositionner le paiement comme levier de conversion et de fidélisation.

Klarna veut devenir (vraiment) une banque — Enchaînant un deuxième trimestre de pertes (-26 M$ au T4 malgré +38 % de revenus à 1,08 Md$), Klarna assume : l’accélération du crédit long terme pèse à court terme… pour générer plus de marge demain. Chaque milliard de prêts accordé rogne ~25 M$ de marge immédiatement, mais pourrait rapporter ~60 M$ sur les trimestres suivants, promet Sebastian Siemiatkowski. La stratégie est claire : convertir les utilisateurs du “paiement en quatre fois” en clients de carte de débit et de prêts rémunérés, pour ancrer une relation bancaire du quotidien. Autrement dit : passer du BNPL transactionnel à un modèle bancaire récurrent - quitte à accepter des pertes transitoires.

Une info crousti, une nomination ou une offre d’emploi? Tu peux m’écrire directement ici

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