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La France reste un marché stratégique pour JCB en Europe. Historiquement associé aux voyageurs japonais et asiatiques, le réseau de paiement poursuit aujourd’hui un travail de fond pour élargir son acceptation auprès des marchands français, avec un objectif : réduire les frictions au moment du paiement, notamment en proximité.

La France est un marché clé pour JCB. C’est le marché le plus performant en Europe en matière de paiements de proximité”, explique Philippe Polutnik, General Manager France de JCB Europe. Une position qui s’explique par l’attractivité touristique de la France, mais aussi par l’évolution des usages de paiement des voyageurs asiatiques, de plus en plus digitaux, plus segmentés, et plus exigeants sur l’expérience d’achat.

De l’acquisition directe au modèle quatre coins

JCB a longtemps fonctionné en France selon un modèle d’acquisition directe. Depuis plusieurs années, le réseau bascule progressivement vers un modèle quatre coins, en s’appuyant davantage sur les acquéreurs et PSP locaux.

Quand je suis arrivé chez JCB en 2013, nous n’avions pas de partenaires acquéreurs. Nous faisions de l’acquisition directe. Depuis, nous sommes en train de passer progressivement à un modèle quatre coins”, rappelle Philippe Polutnik.

Cette évolution structurelle change l’échelle de déploiement possible. L’objectif n’est plus seulement d’adresser directement certains grands marchands stratégiques, mais de travailler avec les acquéreurs de la place pour développer plus largement le réseau d’acceptation JCB en France.

Aujourd’hui, JCB s’appuie à la fois sur de grands PSP internationaux, comme Adyen, Stripe, Worldpay devient Global Payments et sur des acquéreurs français. Parmi les partenaires cités figurent notamment Crédit Mutuel-CIC, Arkéa, BNP Paribas, La Banque Postale, BPCE, PayXpert ou encore 2SF sur la partie retrait.

Aujourd’hui, nous avons déjà une bonne couverture auprès des grands commerçants et travaillons avec de nombreux acquéreurs. Avec le déploiement de FRv6, qui intègre nativement JCB en mode contact et sans contact, nous voyons de nouvelles opportunités pour élargir l'acceptation de la carte JCB en France.”, souligne Philippe Polutnik.

FrenchSys comme accélérateur d’acceptation

Le partenariat avec FrenchSys constitue un jalon important pour JCB. Pour les marchands, le sujet peut sembler technique. Pour les acquéreurs, il est en revanche très concret : la certification standardisée simplifie le déploiement et réduit les coûts d’intégration.

FrenchSys a vraiment été un accélérateur. Nous avions deux acquéreurs partenaires en France au début de notre collaboration avec FrenchSys, nous en avons sept aujourd’hui”, indique Philippe Polutnik.

En pratique, une fois la certification FrenchSys obtenue, les acquéreurs partenaires n’ont plus à réaliser de certification terminal par terminal avec JCB. Cela rend le déploiement plus simple, en particulier pour les acteurs qui disposent déjà d’un parc marchand significatif.

Cette étape est d’autant plus importante que JCB veut désormais sortir d’une approche exclusivement centrée sur les grands comptes. Le réseau a historiquement ciblé les secteurs les plus générateurs de volumes : luxe, travel, aérien, hôtellerie, tourisme. Mais l’enjeu se déplace aussi vers le “long tail” marchand.

Éviter le “syndrome de la carte refusée”

Pour JCB, l’acceptation ne se joue pas seulement dans les grandes maisons de luxe ou les hôtels parisiens. Elle se joue aussi dans les restaurants, les commerces autour des gares et des aéroports, les musées, les parcs de loisirs ou les commerces du quotidien.

Nous avons longtemps ciblé les secteurs les plus importants en volume. Mais nous voyons aussi qu’il faut développer le long tail, notamment autour des aéroports, dans les centres-villes, autour des gares et dans les grandes villes”, explique Philippe Polutnik.

Le risque est simple : si un porteur de carte JCB tente de payer avec sa carte JCB en arrivant en France et que celle ci est refusée plusieurs fois de suite, il peut considérer que sa carte ne fonctionne pas dans le pays. C’est ce que JCB décrit comme une forme de “syndrome de la carte refusée”.

Pour éviter cette situation, le réseau veut développer son acceptation plus largement, y compris dans des secteurs à plus faibles paniers moyens mais à forte fréquence de transactions : restauration, culture, loisirs, supermarchés ou services touristiques.

« Si un porteur JCB se voit refuser sa carte pour ses deux premiers paiements en France, il peut très vite avoir l’impression qu’elle ne fonctionne pas dans le pays. C’est précisément ce que nous voulons éviter. C’est pour cela que nous voulons aussi développer le long tail avec nos partenaires ”, résume Philippe Polutnik.

Derrière les touristes asiatiques, des comportements très différents

Pour JCB, l’enjeu n’est pas seulement d’accepter un scheme supplémentaire. Il est aussi de mieux comprendre les comportements d’achat des voyageurs asiatiques en Europe. Dans son récent e-book Asian Traveller Personas, JCB identifie cinq grands profils de voyageurs : les familles attentives à la sécurité, les chasseurs de deals sociaux, les voyageurs premium, les acheteurs de cadeaux et les digital nomads sensibles à l’acceptation.

Cette segmentation permet de sortir d’une lecture trop globale du “touriste asiatique”. Les attentes d’un voyageur japonais venu acheter des cadeaux, d’un professionnel indien à fort pouvoir d’achat ou d’un digital nomad sud-coréen ne sont pas les mêmes. Les frictions de paiement non plus.

Premier exemple : les familles. Selon les données JCB, les porteurs philippins ont augmenté leurs dépenses physiques en Europe de 101% entre 2022 et 2023. Le paiement reste encore largement réalisé en magasin, puisque 91% des paiements de ce segment sont encore effectués en point de vente. Mais le digital progresse aussi rapidement, avec une croissance de 99% des transactions e-commerce sur la même période.

Pour ces clients, la priorité est moins la nouveauté que la confiance. JCB indique que 55% des voyageurs d’Asie du Sud-Est prêts à voyager priorisent la sécurité et le budget dans leurs décisions de voyage et de loisirs. L’e-book souligne aussi que 90% des shoppers internationaux valorisent le suivi en temps réel du remboursement et des instructions accessibles sur mobile.

Pour les marchands français, cela renvoie à des leviers très concrets : afficher clairement l’acceptation JCB, rendre visible la sécurité du paiement, proposer du sans contact, simplifier les remboursements, réduire les frictions de langue au moment du paiement et clarifier les politiques d’annulation.

Social commerce et cashback : le paiement comme déclencheur d’achat

Un autre profil identifié par JCB est celui du “Social Deal Hunter”, plus fréquemment présent en Indonésie et en Thaïlande. Ce segment regroupe des voyageurs plus jeunes, très mobiles, sensibles aux deals flash, aux recommandations sociales et aux parcours smartphone-first.

Les données JCB montrent que les shoppers thaïlandais ont augmenté leurs dépenses en ligne de 112% entre 2022 et 2023. L’e-book souligne aussi que 73% des voyageurs dans le monde utilisent désormais les réseaux sociaux pour s’inspirer dans leurs voyages, et que 84% déclarent que des recommandations d’influenceurs ont déjà influencé leurs décisions de réservation.

Dans ce contexte, l’acceptation du paiement n’est qu’une partie du sujet. La capacité à relier paiement, promotion et expérience mobile devient un levier commercial. JCB recommande par exemple des offres limitées dans le temps, des codes promotionnels appliqués automatiquement lorsqu’une carte JCB est utilisée, du cashback au checkout ou encore des campagnes activables via les réseaux sociaux.

Ce point rejoint la stratégie de JCB en France, où le réseau peut aussi accompagner certains marchands via des campagnes dédiées, des offres spéciales ou du cashback.

Nous pouvons accompagner les marchands dans leur manière d’adresser cette clientèle. Cela peut passer par des partenariats, des offres spéciales, de la visibilité sur nos réseaux sociaux ou nos blogs”, détaille Philippe Polutnik.

Premium travellers : quand le paiement doit suivre le niveau de service

Le troisième profil identifié par JCB est celui du voyageur premium. Il concerne notamment des professionnels à hauts revenus, des dirigeants ou des entrepreneurs qui voyagent plusieurs fois par an et recherchent des expériences personnalisées.

Les données de JCB sont particulièrement fortes sur ce segment. Entre 2022 et 2023, les dépenses physiques des porteurs taïwanais en Europe ont progressé de 301%. Celles des porteurs indiens ont augmenté de 641% sur la même période. Côté e-commerce, la croissance indienne atteint 988%.

L’Inde apparaît comme un marché particulièrement dynamique. JCB indique qu’octobre représente le principal mois de dépense des porteurs indiens, avec 23% de leur dépense annuelle sur l’ensemble des marchés. L’e-book souligne également que 31% des voyageurs indiens relèvent de la catégorie “luxury seeker” et que les wallets devraient représenter 76% des paiements en point de vente en Inde d’ici 2030.

Pour les marchands français, notamment dans le luxe, l’hôtellerie, les grands magasins ou le travel, ces données rappellent un point essentiel : le paiement doit être aligné avec le niveau de service attendu. Un parcours premium ne peut pas s’arrêter à une file d’attente, un paiement refusé, un remboursement de TVA manuel ou une absence de wallet.

JCB recommande notamment de fluidifier les achats à forte valeur via des parcours assistés, du checkout mobile, des services multilingues, des avantages liés à des seuils de dépense, de la livraison vers l’hôtel ou des remboursements de TVA digitalisés.

Quand nos porteurs voient un logo JCB, ils ont confiance. Ils ont l’impression qu’ils seront bien servis, qu’ils auront un bon service, qu’ils peuvent faire confiance à JCB”, explique Philippe Polutnik.

Cadeaux, tax refund et saisonnalité : le cas japonais et sud-coréen

JCB met aussi en avant un profil plus spécifique : le “Value Gift Hunter”. Il concerne notamment les voyageurs japonais et sud-coréens qui achètent des cadeaux lors de leurs voyages, une pratique associée à l’omiyage au Japon.

Selon les données JCB, les dépenses physiques des porteurs japonais en Europe ont progressé de 114% entre 2022 et 2023. Les voyages japonais à l’étranger ont de leur côté augmenté de 213% sur la même période. Les dépenses présentent aussi une forte saisonnalité : août à octobre pour les voyageurs japonais, octobre pour les voyageurs sud-coréens.

Pour ces clients, la valeur ne se limite pas au prix. JCB souligne que les achats de souvenirs moins chers coexistent avec des achats plus premium. L’e-book indique aussi que 46% des high-income spenders déclarent que les hausses de prix ne les dissuadent pas, et que 80% citent l’écart de prix comme motivation d’achat en voyage, notamment pour les produits de luxe.

Les irritants sont ici très opérationnels : tax refund compliqué, absence d’options de paiement digital pour les souvenirs, taux de change peu lisibles, absence d’emballage cadeau ou de services de livraison le jour même.

Pour les marchands, l’opportunité est donc autant dans le paiement que dans les services autour de l’achat : formulaires de détaxe préremplis, gift-wrapping, offres multi-buy, click-and-collect, ship-to-hotel, garantie digitale ou affichage clair des devises.

Digital nomads : l’acceptation comme prérequis

Le dernier profil identifié par JCB est celui de l’“Acceptance-Driven Digital Nomad”, principalement associé aux voyageurs sud-coréens et aux profils tech. Ce segment attend des parcours rapides, digitaux et sans rupture, avec la possibilité d’enregistrer sa carte, de payer via wallet ou de récupérer des reçus exploitables.

Selon JCB, environ 30% des transactions des porteurs sud-coréens se font sur des sites e-commerce. En Europe, leurs dépenses progressent à la fois en physique et en ligne, avec respectivement +36% et +34% entre 2022 et 2023.

La Corée du Sud est déjà un marché très cashless. En 2024, seulement 7% des transactions y étaient réalisées en espèces. Les cartes représentaient 60,9% des paiements e-commerce en 2022, tandis que la valeur des transactions via wallets devrait passer de 27% en 2023 à 42% en 2027.

Pour ce segment, le message “card not accepted” devient un point de rupture immédiat. Le paiement doit être disponible, rapide, compatible avec les wallets, et permettre des parcours récurrents ou one-click.

JCB recommande notamment de proposer des wallets compatibles, de permettre l’enregistrement des identifiants de paiement via card-on-file, de produire des reçus multidevises et de limiter les échecs d’authentification forte grâce à des parcours de secours, notamment biométriques ou wallet-based.

Tokenisation, card-on-file et approche prudente  sur Click to Pay

Au-delà de l’acceptation en magasin, JCB poursuit le développement de ses capacités e-commerce, notamment la tokenisation et le card-on-file. Le réseau a notamment avancé avec Adyen, présenté comme l’un des premiers partenaires à avoir été suffisamment agile pour mettre en place ces fonctionnalités rapidement.

La tokenisation augmente la sécurité des paiements, puisqu’il n’y a plus de numéro de carte qui transite ou qui peut être présent sur les plateformes marchandes. Dans le cas du card-on-file, le token ne peut pas être utilisé ailleurs et cela facilite aussi le checkout”, explique Philippe Polutnik.

Pour les marchands, l’intérêt est double : renforcer la sécurité et simplifier les achats répétés. JCB estime également que la tokenisation peut contribuer à améliorer les taux d’autorisation, un enjeu devenu de plus en plus stratégique pour les grands e-commerçants.

Sur Click to Pay, JCB adopte en revanche une approche plus mesurée . Le réseau suit le sujet, travaille sur des spécifications, tout en continuant à évaluer l’évolution du marché .

« Click to Pay a des avantages en matière de simplicité et de sécurité. Mais aujourd’hui, les pages de paiement peuvent vite devenir chargées, avec beaucoup d’options différentes. Nous regardons donc comment les porteurs naviguent entre ces différents parcours de paiement, et s’ils répondent vraiment à leurs attentes. Au final, notre priorité reste de rendre le paiement plus simple, plus fluide et plus sécurisé .» , observe Philippe Polutnik.

Vers une acceptation plus large en France

La prochaine étape pour JCB en France consiste à élargir encore l’acceptation, en coordination avec  les acquéreurs français, les PSP internationaux et les projets de place. Le réseau regarde notamment les opportunités autour du transport et de l’open payment en Île-de-France.

JCB est une carte internationale. Nos porteurs s’attendent à pouvoir l’utiliser partout, sans avoir à demander”, rappelle Philippe Polutnik.

Le réseau entend donc poursuivre son développement sur plusieurs niveaux : les grands marchands capables de générer des volumes importants, les secteurs touristiques à forte visibilité, mais aussi les commerces du quotidien qui contribuent à rendre l’expérience de paiement plus naturelle pour les voyageurs.

L’enjeu dépasse la seule acceptation d’un scheme supplémentaire. Pour les marchands français, il s’agit aussi de mieux capter une clientèle asiatique qui revient en Europe, dont les comportements se digitalisent, et qui attend une expérience cohérente entre le voyage, le commerce, le paiement et le service.

L’idée est d’être accepté le plus largement possible. Nous pouvons bien sûr commencer par l’Île-de-France, Nice, Cannes, la Côte d’Azur ou d’autres régions, mais l’objectif est d’être accepté partout”, conclut Philippe Polutnik.