Bonjour à toi,
Une semaine après le One to One de Monaco, je réalise que je n’ai pas encore vraiment atterri.
Trop de rencontres, trop de discussions, trop de phrases attrapées au vol entre deux cafés, dans un couloir ou en sortant d’un dîner. Des échanges parfois très opérationnels, parfois plus prospectifs, mais avec un point commun : le paiement n’est plus un sujet secondaire. Et ça se sent.
Depuis quelques jours, je continue de dépiler.
Dépiler les notes. Dépiler les conversations. Dépiler les intuitions qui reviennent, encore et encore, chez des profils pourtant très différents.
Et cette semaine, trois histoires sont venues cristalliser tout ça.
D’abord Decathlon. Un chantier colossal, presque invisible vu de l’extérieur, mais qui dit beaucoup de la maturité du sujet. Derrière les +152 % de croissance avec Klarna, il n’y a pas “juste” un nouveau moyen de paiement. Il y a une reprise en main complète. Une gouvernance repensée, une volonté d’unifier, de structurer, de faire du paiement un actif stratégique. Et surtout, une bascule très claire : le checkout devient un point de contact, un levier d’acquisition, presque un canal marketing.
Ensuite Orange. Là où Decathlon parle performance, Orange parle usage. Quand une majorité de clients paient déjà via mobile, la question n’est plus “quel moyen de paiement proposer”, mais “dans quel geste s’inscrire”. Le choix de Wero, en amont du marché, raconte ça. Une volonté d’anticiper plutôt que de suivre. De construire un paiement qui s’intègre dans les réflexes existants, plus simple, plus direct, plus instantané. Moins de carte, plus de compte. Moins de friction, plus de continuité.
Et puis leboncoin. Peut-être le cas le plus révélateur, parce qu’il ramène le paiement à sa fonction la plus fondamentale : créer de la confiance entre deux personnes qui ne se connaissent pas. Ici, ajouter PayPal, ce n’est pas optimiser un funnel : c’est sécuriser une relation. Faire basculer une partie des transactions dans la plateforme, sans casser ce qui fait l’ADN du produit : la rencontre, le réel, la simplicité.
Trois contextes. Trois logiques. Mais une même ligne de fond.
Le paiement est en train de remonter à la surface.
Ce n’est plus un sujet qu’on délègue ou qu’on subit. C’est un sujet qu’on pilote, qu’on structure, qu’on choisit. Un sujet qui touche à la fois au produit, au business, à la relation client.
Et surtout, un sujet où les décisions commencent à avoir des impacts très visibles.
Acquisition. Conversion. Fidélisation. Confiance.
Tout se joue là.
Une semaine après Monaco, ce qui me frappe, ce n’est pas tant la diversité des stratégies. C’est leur convergence.
Tout le monde ne fait pas la même chose. Mais tout le monde regarde enfin le paiement au même endroit.
Chloé
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leboncoin intègre PayPal pour accélérer la transformation des paiements entre particuliers
L’une des plateformes les plus utilisées de France renforce son offre transactionnelle. leboncoin vient d’intégrer PayPal comme moyen de paiement pour ses utilisateurs, avec une ambition qui dépasse largement l’ajout d’un simple bouton dans le parcours d’achat : faciliter les transactions entre particuliers, renforcer la confiance et encourager davantage d’échanges à se conclure directement sur la plateforme.
Orange, pionnier de Wero : le pari d’un paiement mobile-first
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Un géant du sport français. Une fintech suédoise au logo rose. Et l'idée un peu folle que le moment de payer, ce fameux moment que tout le monde veut rendre invisible, pouvait devenir un levier de croissance.
Les dernières actualités de l’écosystème paiement
Alma devient rentable et valide son modèle de BNPL “sans frais de retard” - Selon le media Les Echos, Alma a atteint la rentabilité en 2025, une étape symbolique pour le pure player français du paiement fractionné. La fintech revendique 2,5 milliards d’euros de volume d’affaires, en hausse de 30 %, 5.000 nouveaux commerçants recrutés en un an, 23.000 marchands partenaires en Europe et une forte accélération hors de France, notamment en Italie, en Espagne, au Benelux et en Allemagne. Pour son fondateur : il est possible de construire un acteur du BNPL à la fois rentable, discipliné et soutenable, sans recourir aux frais de retard comme levier économique. Alma affirme désormais pouvoir financer seule sa croissance, ses recrutements et ses nouveaux produits, sans nouvelle levée de fonds, au moment où le secteur s’apprête à entrer dans une phase de régulation plus stricte avec la nouvelle directive européenne sur le crédit à la consommation.
Les commerçants soutiennent l’euro numérique, mais à condition qu’il coûte moins cher que la carte - Contrairement aux banques, les commerçants voient plutôt l’euro numérique comme un outil utile pour renforcer la concurrence, la souveraineté et la résilience des paiements en Europe. Selon un article des Echos, leur soutien est toutefois conditionnel : ils demandent un modèle tarifaire simple, lisible et surtout significativement inférieur à celui des paiements par carte. Plusieurs organisations proposent ainsi des frais de 0,1 % jusqu’à 40 euros, puis plafonnés à 4 centimes par transaction au-delà, afin que l’euro numérique soit réellement plus attractif que les 6 à 7 centimes souvent payés aujourd’hui sur la carte. En filigrane, leur position est limpide : ils sont prêts à soutenir une nouvelle infrastructure européenne, mais pas si elle reproduit les coûts et les complexités qu’ils reprochent déjà aux schemes actuels.
G7 accepte désormais les cartes JCB dans toute sa flotte parisienne - L’opérateur de taxis G7 va désormais accepter les cartes JCB dans l’ensemble de sa flotte à Paris, une décision qui vise directement la clientèle touristique asiatique et notamment japonaise, chinoise et indienne, dont les volumes ont fortement rebondi dans la capitale. Pour G7, il s’agit d’élargir les moyens de paiement disponibles pour les voyageurs internationaux et de réduire un point de friction très concret au moment du trajet. Pour JCB, cette extension d’acceptation s’inscrit dans une stratégie plus large de renforcement en Europe, notamment dans les secteurs liés au tourisme, à la mobilité et à l’hospitalité. Le sujet peut sembler tactique, mais il dit aussi quelque chose de plus large sur les schémas : l’enjeu n’est pas seulement d’être accepté en boutique ou en ligne, mais aussi dans les parcours de mobilité du quotidien, là où se joue une part importante de l’expérience voyageur.
Vinted Pay obtient sa licence EMI au Royaume-Uni - Vinted Pay, la branche paiement de la marketplace Vinted, a décroché une licence d’établissement de monnaie électronique auprès de la FCA britannique, une étape qui lui permet d’étendre au Royaume-Uni son infrastructure de paiement déjà déployée en Europe continentale via sa licence lituanienne. Cette autorisation va permettre à Vinted de proposer aux utilisateurs britanniques son système de wallet interne, dans lequel les fonds issus d’une vente sont crédités avant d’être réutilisés sur la plateforme ou retirés vers un compte bancaire. Au-delà du cas Vinted, cette évolution illustre une tendance de fond chez les grandes marketplaces : internaliser les paiements pour mieux contrôler l’expérience de bout en bout, réduire la dépendance aux prestataires tiers, améliorer les marges et concevoir des services financiers plus directement adaptés à leurs usages.
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