Bonjour à toi,

Le paiement est souvent raconté comme une succession d’innovations : nouveaux rails, nouveaux acteurs, nouvelles promesses. L’échange avec Lydie Convert, Head of Cash Management chez BlaBlaCar, rappelle une réalité plus prosaïque — et plus exigeante : à partir d’un certain seuil de complexité, le paiement n’est plus un sujet d’optimisation, mais un sujet de capacité d’exécution.

Dans une plateforme opérant à grande échelle, sur plusieurs business models et dans plus de vingt pays, aucune décision paiement ne peut être prise isolément. Un PSP performant peut créer de la dette opérationnelle. Un parcours fluide peut masquer des frictions cash. Une innovation technique peut devenir un risque si elle n’est pas gouvernable. La valeur ne se joue plus dans la promesse, mais dans la capacité à faire tenir ensemble paiement, trésorerie, outillage, contraintes pays et relations bancaires.

Ce que montre BlaBlaCar, c’est qu’il n’y a pas de raccourci. Reprendre la main passe d’abord par les fondations : fiabiliser la donnée, remettre à niveau les outils, clarifier les responsabilités, accepter les contraintes locales plutôt que les contourner. Le paiement cesse alors d’être une brique fonctionnelle ou un sujet “expert” pour devenir une infrastructure transverse, silencieuse, et déterminante.

À l’heure où beaucoup projettent le paiement vers l’invisibilité, cet article rappelle un contrepoint essentiel : un paiement invisible n’a de valeur que s’il repose sur une véritable capacité d’exécution. Et cette capacité ne se décrète pas — elle se construit, patiemment, à l’intersection de la technologie, des opérations et de la finance.

À très vite,
Chloé

Tu souhaites me proposer un sujet? Tu peux m’écrire directement ici

Piloter le cash et le paiement dans une plateforme internationale : le cas BlaBlaCar

En structurant la trésorerie et le paiement comme un même système, Lydie Convert, Head of Cash Management chez BlaBlaCar, n’a pas simplement modernisé les outils financiers du groupe : elle a redonné de la lisibilité à des flux devenus critiques à l’échelle de la plateforme. Refonte des fondations (Kyriba, Workday), arbitrages assumés entre PSP et partenaires bancaires, orchestration pensée comme condition de passage à l’échelle, intégration très en amont des contraintes pays : chaque décision vise moins à “optimiser” qu’à rendre le pilotage exécutable. Chez BlaBlaCar, le cash et le paiement cessent d’être des fonctions de support pour devenir une infrastructure transverse, robuste et gouvernable — au service de la croissance, pas de la complexité.

Les dernières annonces de l’écosystème paiement

Paiement sans contact : les arnaqueurs toujours plus ingénieux pour frauder les cartes bancaires - À Lyon, des fraudeurs exploitent une faille très concrète du paiement sans contact en neutralisant volontairement les lecteurs NFC avec du simple scotch, forçant les usagers à insérer leur carte et à saisir leur code sous le regard d’escrocs. L’alerte lancée par TCL rappelle que la sécurité du paiement ne dépend pas uniquement des protocoles technologiques, mais aussi de l’intégrité physique des terminaux et de la vigilance des utilisateurs, dans un contexte où le sans contact est devenu un geste réflexe.

Revolut veut devenir le rail de paiement de référence du commerce “agentic” en Europe - Revolut accélère sur le terrain du paiement conversationnel et automatisé en annonçant l’activation de Revolut Pay sur l’ensemble des plateformes d’agentic commerce au Royaume-Uni et dans l’EEE. En s’appuyant sur le protocole ouvert AP2 de Google, la fintech ambitionne de rendre le paiement invisible, instantané et agnostique, y compris dans les parcours pilotés par des agents IA. L’enjeu est stratégique : s’imposer comme un rail de paiement natif du commerce de demain, tout en boostant la conversion des marchands Revolut Business grâce à une intégration fluide, sécurisée et directement connectée aux flux account-to-account.

Le Royaume-Uni valide un modèle tarifaire centralisé pour l’open banking - Les régulateurs britanniques ont donné leur feu vert au modèle de “frais d’accès” porté par la UK Payments Initiative pour les paiements récurrents via open banking (cVRP). En renonçant à lancer une enquête concurrentielle, la FCA et le PSR sécurisent le cadre économique du projet, ouvrant la voie à des cas d’usage à grande échelle (services publics, utilities, finance). Cette décision marque un tournant : l’open banking ne sera plus seulement un standard technique, mais un véritable rail de paiement structuré.

Fraude aux faux IBAN : la Cour de cassation renforce la protection juridique des banques - Dans un arrêt clé, la Cour de cassation a rappelé qu’une banque n’a pas à enquêter sur l’origine des fonds si les opérations présentent une apparence de régularité, consacrant le principe de non-ingérence. Cette décision rebat les cartes dans la bataille de responsabilité entre entreprises victimes et établissements financiers. Si les dispositifs de vérification du bénéficiaire (VoP) et le futur fichier des IBAN frauduleux renforcent la prévention, ils ne couvrent ni la légitimité économique des paiements, ni l’usurpation d’identité, laissant subsister des angles morts que l’IA pourrait encore amplifier.

Une info crousti, une nomination ou une offre d’emploi? Tu peux m’écrire directement ici