Bonjour à toi,

Dix ans.
Dix ans qu’Apple Pay est arrivé en France, presque timidement au départ, avant de s’imposer comme une évidence. Dix ans qui racontent moins une innovation spectaculaire qu’un glissement progressif, silencieux, mais irréversible : celui du paiement vers l’usage.

Apple Pay n’a pas gagné parce qu’il faisait plus.
Il a gagné parce qu’il faisait moins.

Moins de gestes. Moins d’effort. Moins de décisions à prendre. Le paiement s’est effacé derrière l’intention d’achat.

Et ce faisant, il a changé de statut du paiement. Il n’est plus une étape. Il est devenu une condition implicite. Lorsqu’il est là, personne ne le remarque. Lorsqu’il manque, tout se bloque. Le fameux “le paiement c’est une commodité”.

Ce basculement dit beaucoup de la maturité du marché. En dix ans, le paiement mobile n’a pas transformé la technologie du paiement. Il a transformé la tolérance à la friction. Ce que les utilisateurs acceptaient hier — saisir une carte, créer un compte, répéter un geste — est devenu aujourd’hui inacceptable. Non par caprice, mais par habitude.

Les wallets incarnent cette transformation. Apple Pay bien sûr, mais aussi PayPal, chacun à leur manière. Ils ne promettent pas un futur radicalement différent. Ils rendent le présent plus simple. Ils absorbent la complexité — technique, bancaire, parfois réglementaire — pour ne laisser visible que le geste.

Et c’est précisément là que le paiement devient intéressant à observer.

Car plus il devient invisible côté utilisateur, plus il devient structurant côté organisation. Le paiement qui ne fait plus parler de lui n’est pas un paiement simple à piloter. Il suppose des choix clairs, des arbitrages assumés, une capacité à tenir ensemble expérience, sécurité, délais et responsabilité.

La publication récente de l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement le rappelle en creux : les instruments sont mieux sécurisés que jamais, mais le risque ne disparaît pas. Il se déplace. Là où l’expérience est fluide, là où le paiement s’efface, la vigilance doit changer de forme.

Ce n’est pas une contradiction. C’est la conséquence directe de la maturité.

Dix ans après Apple Pay, le paiement n’est plus un sujet pour l’utilisateur. Il est devenu un sujet pour celles et ceux qui le conçoivent, le gouvernent et l’exécutent. Non plus comme une promesse d’innovation, mais comme une infrastructure d’usage, silencieuse, exigeante, et profondément réelle.

Et c’est peut-être là le vrai marqueur : un paiement qui n’a plus besoin de se raconter, mais qui oblige, plus que jamais, à être maîtrisé.

À très vite,
Chloé

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10 ans d’Apple Pay en France : l’irrésistible ascension des wallets

Dix ans après son lancement en France, Apple Pay n’est plus une innovation mais un standard. Derrière son succès, une transformation plus silencieuse s’est opérée : les wallets se sont imposés comme une infrastructure d’usage du paiement, portée moins par la technologie que par la réalité terrain. Apple est devenu incontournable sur mobile, PayPal reste profondément ancré dans les parcours e-commerce et cross-border, tandis que Wero est encore observé avec prudence par les marchands. Une recomposition progressive, guidée par les usages, l’instantanéité et des standards UX désormais non négociables.

La fraude ne disparaît pas, elle se déplace : ce que cela change pour les responsables paiement

La dernière publication de l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement rappelle une réalité désormais bien connue des responsables paiement : la fraude ne se concentre plus sur le seul acte de paiement, mais devient un sujet de gouvernance interne. À mesure que les instruments se sécurisent, le risque se déplace vers les parcours, les usages et les décisions opérationnelles, imposant une coordination étroite entre IT, e-commerce, service client, conformité et juridique. La fonction paiement s’impose alors comme un point de convergence, contrainte d’arbitrer en permanence entre sécurité, fluidité et responsabilité.

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La Fédération Bancaire Française veut un euro numérique adossé au virement instantané – Selon le média Mind Fintech, le Président de la FBF Daniel Baal réaffirme l’opposition des banques françaises à l’euro numérique, mais pose une ligne “pragmatique” si le projet avance : réutiliser les infrastructures existantes (virement instantané), imposer des solutions européennes, et réduire fortement la limite de détention (3 000€ jugés trop élevés). Traduction : éviter un euro numérique qui cannibalise des rails déjà en déploiement (SCT Inst, Wero) et qui déstabilise la collecte/dépôts. Il en profite aussi pour demander l’abandon de FiDA, présenté comme un risque de transfert de données vers les grandes plateformes américaines — cadrage “souveraineté + mutualisation des risques” assumé.

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Changement à la tête de l’ACPR : Emmanuelle Assouan nommée secrétaire générale à partir du 2 mars – L’ACPR annonce la nomination d’Emmanuelle Assouan comme secrétaire générale à compter du 2 mars 2026, en remplacement de Nathalie Aufauvre. Disposant d’un profil Banque de France, Emmanuelle Assouan a un parcours très “stabilité financière / infrastructures / paiements” et a déjà été secrétaire générale adjointe de l’ACPR. Le signal : la supervision 2026 met IA et cryptoactifs au cœur des priorités.

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Je sais, j’ai déjà mis ce meme, mais il reste tellement vrai