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W-HA part à l’offensive sur un marché du paiement de plus en plus concurrentiel. La filiale du groupe Orange, longtemps cantonnée au paiement sur facture opérateur, a relancé son activité monétique autour du Tap to Pay.  Le projet, qui s’est accéléré il y a 18 mois, s’est concrétisé ces dernières semaines avec la distribution de l’offre dans les boutiques du groupe de télécommunications. 

Une manière, pour W-HA, d’affirmer son passage d’un rôle d’opérateur de paiement au service du groupe à celui d’une filiale plus offensive, dotée de ses propres ambitions commerciales. « W-HA a longtemps été une brique technique de paiement pour Orange. Nous avons ensuite renforcé nos compétences réglementaires et de gestion des flux, avant de développer une approche plus marketing et commerciale. C’est une phase d’émancipation : nous sommes désormais capables d’adresser directement nos clients », explique Frédérique Mourrain, directrice générale de la société.

50 000 clients à l’horizon 2030, près d’un milliard d’euros de flux

La promesse de cette nouvelle solution d’encaissement mobile, disponible via l’application Contodeo, repose sur la création d’un compte et la réception de premiers encaissements en quelques minutes grâce à l’interfaçage avec des bases certifiées pour le KYB/KYC. Le tout sans engagement, puisque la société se rémunère à la transaction. « Avec Tap to Pay, le mobile revient au cœur de l’encaissement. Nous pensons qu’une partie importante des petits professionnels, indépendants, artisans ou commerçants nomades, pourra s’affranchir d’un terminal de paiement classique pour certains usages », indique Frédérique Mourrain.

La filiale d’Orange, créée en 2000, ne cache pas ses ambitions sur ce segment : atteindre les 50 000 clients à l’horizon 2030, avec des flux frôlant le milliard d’euros, pour s’imposer parmi les trois acteurs principaux du domaine en France. Pour y parvenir, elle pourrait également proposer le service en dehors de l’Hexagone, prioritairement en Espagne ou au Benelux. Le marché est déjà bien occupé par les grandes banques, comme BPCE, BNP Paribas ou Crédit Mutuel, les acteurs historiques du paiement et plusieurs fintechs d’encaissement, de SumUp à Stripe, Payplug ou Revolut.

Une croissance à deux chiffres pour Orange Money Europe

La majorité du chiffre d’affaires de W-HA provient désormais, depuis environ deux ans, d’Orange Money Europe. Ce service de transfert d’argent s’appuie sur un compte prépayé et rechargeable de monnaie électronique, émis et géré en France métropolitaine par W-HA. Agréée par l’ACPR comme établissement de monnaie électronique, la filiale porte le dispositif réglementaire et les flux financiers du service, tandis qu’Orange Distribution prend en charge une partie du marketing opérationnel et des réseaux physiques. « Orange Money Europe est devenu un relais de croissance majeur pour W-HA. Nous opérons le service de transfert d’argent, les wallets de monnaie électronique et les flux financiers, avec l’ambition de poursuivre une croissance à deux chiffres pendant plusieurs années », détaille Frédérique Mourrain. 

Le service, disponible au départ de 11 pays européens, est notamment utilisé par les diasporas africaines pour envoyer des fonds vers leurs pays d’origine. 14 pays africains sont directement reliés via le groupe de télécoms et 31 sont accessibles au total à travers des accords. En France, le service, également distribué dans 9 000 points de vente du réseau FDJ grâce à un partenariat avec Nirio, nourrit les ambitions de diversification d’Orange : 90 % des clients d’Orange Money ne sont pas clients d’une offre télécom d’Orange.

Des accords avec Apple, Google, Microsoft ou PlayStation

Cette montée en maturité ne signifie pas l’abandon du paiement sur facture opérateur pour autant. La filiale, qui compte 120 collaborateurs pour une cinquantaine de millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025, continue d’opérer son activité historique qui consiste à collecter les paiements réalisés via les factures télécoms avant de les reverser aux éditeurs de services numériques.

Longtemps majoritaire dans son chiffre d’affaires, W-HA anticipe « une croissance prudente » de l’activité. « Le paiement sur facture opérateur reste un moyen de paiement économique : il n’y a pas de coût de schème ni de coût bancaire classique. C’est un marché de niche, mais il conserve du potentiel, notamment dans le gaming », affirme Frédérique Mourrain. Orange a notamment signé des accords avec de grandes plateformes comme Apple, Google, Microsoft ou PlayStation.

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