Regardez le terminal de paiement la prochaine fois que vous réglez une consommation au comptoir, que vous payez chez votre ostéopathe ou que vous glissez votre carte dans un automate à café. Il y a de fortes chances qu’une technologie signée Nepting tourne quelque part. Mais vous ne les verrez pas directement. Vous verrez peut-être le logo de banques telles que BPCE Payment Services ou BNP Paribas, ou celui, plus récent, de fintechs comme Yavin, Smile&Pay ou Payplug. Chacune avec sa propre marque, sa propre expérience client, sa propre stratégie commerciale. Et derrière, la même plateforme.
Ce positionnement est revendiqué. Nepting n’a jamais cherché à imposer son nom au marchand final. L’entreprise a construit son modèle en se plaçant exactement un cran en amont : fournir la technologie d’acceptation qui permet à ses partenaires de construire leur propre récit, leur propre marque et leur propre valorisation. La plateforme est l’outil ; le partenaire est la marque.
« L’objectif de Nepting est d’apporter à nos marchands et nombreux partenaires une plateforme technologique leur permettant de proposer les meilleures expériences de paiement aux consommateurs », explique Florian Cottereau, directeur commercial de Nepting, arrivé il y a un an et demi après plus de quinze ans dans le paiement chez Ingenico puis Worldline, où il dirigeait le retail Europe jusqu’en avril 2024.
Cette discrétion assumée est rare dans l’économie du paiement, où la plupart des acteurs cherchent au contraire à maximiser leur visibilité pour gagner des parts de marché. Nepting inverse l’équation : la valeur s’accumule précisément parce que la marque reste en retrait.
Une histoire qui commence à Montpellier, avec une intuition dès 2012
L’histoire de Nepting est d’abord celle d’une continuité humaine. Dans les années 1990, Martine Aubry cofonde une première entreprise de paiement basée à Montpellier, baptisée WYNID, acronyme de What You Need I Do. À une époque où la plupart des enseignes de la grande distribution fonctionnent encore avec des terminaux isolés et des processus peu coordonnés, WYNID fait le pari de la centralisation du paiement. Carrefour, Auchan, Intermarché et d’autres géants du retail français basculent les uns après les autres sur des solutions centralisées. Le pari est gagnant. WYNID devient l’une des références françaises du secteur.
Quand vient le moment pour Martine Aubry de quitter WYNID, elle pourrait s’arrêter là. Elle fait l’inverse : repartir d’une feuille blanche, avec l’ambition de réfléchir à ce que devrait être la monétique pour les quinze ou vingt années à venir. Pas améliorer l’existant. Repartir des fondamentaux.
Nepting naît en 2012 à Montpellier. Deux à trois ans plus tard, en 2014-2015, l’équipe sort la première version de ce qui est aujourd’hui la plateforme Nepting : entièrement cloud, conçue dès l’origine pour un monde où le terminal physique deviendrait progressivement accessoire. La thèse est formulée à un moment où l’industrie du paiement considère encore le cloud avec une circonspection polie, et où personne ou presque n’ose formuler l’hypothèse que le terminal de paiement physique pourrait un jour devenir une simple enveloppe autour du logiciel.
« Avec déjà à l’époque l’idée que peut-être il n’y aurait plus de terminaux de paiement, que tout serait directement au niveau de la plateforme. Ce qu’on voit aujourd’hui avec le SoftPOS », explique Florian Cottereau.
Treize ans plus tard, les quatre fondateurs détiennent toujours la majorité des parts de l’entreprise et la société a été construite pour durer. En 2025, Five Arrows, la plateforme d’investissement de Rothschild & Co, est entrée au capital en tant qu’actionnaire stratégique. Cette opération doit permettre d’accélérer la croissance, notamment à l’international et auprès de grands comptes européens, grâce à un soutien financier solide et crédible.
Le choix de rester basé à Montpellier n’est pas anodin. Il raconte quelque chose de la culture de l’entreprise : une forme de distance assumée vis-à-vis des effets de mode parisiens, un ancrage territorial qui rend les équipes stables et fidèles, une manière de construire lentement, sans précipitation et sans pression extérieure inutile. Montpellier offre également un bassin de talents techniques de qualité, un écosystème numérique actif et une qualité de vie qui facilite la fidélisation des équipes sur la durée.
2 milliards de transactions traitées en 2025
Les chiffres de Nepting, quand on les regarde à froid, dessinent la trajectoire rare d’une entreprise qui combine rentabilité et croissance forte, combinaison que beaucoup de scale-ups technologiques sacrifient au profit de l’une ou de l’autre.
Nepting compte aujourd’hui 50 collaborateurs. L’entreprise a réalisé 23 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025, presque intégralement récurrent puisque son modèle repose principalement sur le service et non sur la vente de matériel. Cette récurrence est structurellement puissante : chaque nouveau client signé vient s’empiler sur une base existante qui ne s’érode quasiment pas. Elle donne aussi à l’entreprise une prévisibilité financière qui rend sa gestion beaucoup plus sereine qu’un modèle fondé sur des ventes de projet.
Mais c’est la volumétrie qui frappe le plus. Nepting a traité 2 milliards de transactions en 2025. Pour l’exercice en cours, l’entreprise projette entre 2,8 et 3 milliards de transactions, sur la base d’une croissance observée mois après mois autour de +45 % à +46 %.
« On fait globalement +50 % par an depuis quatre ans. On regarde tous les mois, on est toujours aux alentours de +45 %, +46 % », indique Florian Cottereau.
Cette croissance n’est pas portée par un effet de mode ou par une conjoncture particulière. Elle se maintient à un niveau similaire depuis quatre exercices consécutifs, ce qui en dit long sur la traction structurelle du modèle. Quand une courbe de croissance se maintient à ce niveau sur plusieurs années sans s’essouffler, c’est généralement le signe que le produit répond à une demande profonde du marché.
La partie e-commerce, plus jeune mais en pleine montée en puissance, suit la même dynamique : le volume mensuel est passé de 3 millions de transactions en décembre 2025 à plus de 4 millions début 2026. Ce développement e-commerce est particulièrement intéressant car il montre que l’ADN initialement orienté terminaux physiques se transpose aussi aux canaux digitaux. Une cohérence avec la thèse cloud originelle, mais qui n’était pas gagnée d’avance en exécution.
L’objectif fixé avec Five Arrows à l’horizon 2030 est à la hauteur de cette dynamique : tripler le chiffre d’affaires. Cette ambition suppose deux choses : que Nepting continue à capturer des parts de marché sur son terrain de jeu actuel, et qu’elle réussisse son déploiement international. Les deux étant étroitement liés.
Une seule plateforme pour tous les canaux
La singularité technique de Nepting tient à l’unicité radicale de son architecture. Là où la plupart des acteurs du paiement ont historiquement développé des produits différents pour chaque canal — un produit pour le point de vente physique, un autre pour le e-commerce, un troisième pour le SoftPOS — Nepting a fait le choix inverse : une seule plateforme couvre l’ensemble des canaux de vente.
Concrètement, cela veut dire qu’un marchand qui équipe ses boutiques physiques, son site e-commerce, ses terminaux mobiles pour les serveurs en terrasse, ses bornes automatiques et ses expériences SoftPOS sur smartphone peut le faire avec une seule et même plateforme, qui orchestre l’ensemble des flux de manière cohérente. Cette unicité a trois vertus majeures : elle simplifie la vie du marchand, réduit les coûts de maintenance et d’intégration, et ouvre des cas d’usage nouveaux comme la continuité de panier entre web et magasin ou les parcours omnicanaux.
Cette plateforme se connecte en amont à l’ensemble des acquéreurs bancaires, et en aval aux logiciels métiers des marchands : systèmes de caisse, ERP, PMS pour l’hôtellerie, CMS pour la partie e-commerce. L’écosystème est volontairement dense, ouvert et pluraliste.
« Contrairement à d’autres acteurs qui sont plutôt sur quelque chose de fermé, on est très ouverts. Aujourd’hui, on est connectés à tous les acquéreurs français, et à pas mal d’acquéreurs internationaux, comme Fiserv ou Planet. On travaille avec tout le monde », souligne Florian Cottereau.
Cette posture d’ouverture est le contraire de la stratégie d’intégration verticale poussée par certains acteurs, qui cherchent à capturer le maximum de la chaîne de valeur sous leur propre marque. Le choix de Nepting a un coût immédiat : moins de marge captive par client, pas d’effet de lock-in, pas de rente d’enfermement. Mais il crée aussi un avantage compétitif durable, qui explique une partie du succès commercial de l’entreprise.
Deux modèles d’adressage, une même ambition
Le modèle commercial de Nepting met en avant le canal de distribution indirect et s’articule autour d’une segmentation claire. Les très grands comptes à dimension internationale sont adressés en direct par les équipes de Nepting ; le reste du marché français passe par les partenaires, banques, fintechs ou mainteneurs, qui y sont historiquement bien implantés.
La logique est pragmatique, et elle évite les conflits de canal. Les partenaires acquéreurs ou mainteneurs couvrent très bien leur territoire national, où ils ont construit des forces de vente dédiées et des réseaux de distribution efficaces. Mais ils peuvent se retrouver bloqués dès qu’un client exige une présence coordonnée dans plusieurs pays, parce que leur propre couverture géographique ne suit pas toujours. C’est précisément dans ces configurations que Nepting prend le relais en direct.
« Des acteurs comme Yves Rocher et SSP avaient un enjeu sur la France, le Benelux et l’Italie. Dans ces cas-là, on prend le client en direct », précise Florian Cottereau.
La diversification sectorielle s’accélère en conséquence. Selon les informations de Paiement.fr, Nepting aurait récemment signé McDonald’s pour équiper un parc représentant entre 12 000 et 15 000 terminaux. Dans la restauration rapide, Nepting compte déjà Burger King parmi ses clients. Le retail alimentaire et spécialisé monte aussi en puissance, avec des références comme Grand Frais et Yves Rocher. Les stations-service arrivent avec TotalEnergies, dont le contrat est en cours de déploiement.
Les automates représentent une verticale particulièrement prometteuse. Nepting a récemment signé un partenariat dans la distribution de machines à café qui lui ouvre un parc potentiel de 30 000 terminaux en France : une volumétrie considérable sur un segment longtemps moins visible que le retail traditionnel. Les stades, où Nepting est déjà bien implanté via ses partenaires éditeurs spécialisés, l’hôtellerie ou encore les bornes de recharge électrique font également partie des nouveaux terrains adressés.
Chacune de ces verticales a ses spécificités techniques et ses logiques d’achat. L’hôtellerie suppose une intégration fine avec les PMS. Les stations-service exigent des certifications et des flux particuliers pour les carburants. Les stades demandent une gestion des pics de charge extrême lors des événements. Les automates imposent des contraintes de maintenance à distance très exigeantes. Pouvoir couvrir l’ensemble de ces cas d’usage avec une seule plateforme technique, sans construire un produit spécifique pour chacun, montre à quel point l’architecture est devenue le nerf de la guerre.
L’international comme chantier structurant
L’ouverture européenne est probablement le chantier le plus stratégique de la prochaine phase de croissance. Elle se construit sur deux fronts parallèles : les partenariats locaux et le support des schémas de paiement domestiques.
Côté partenariats, Nepting vient de signer un acteur belge majeur représentant un parc de 30 000 à 40 000 terminaux. Côté schémas domestiques, la roadmap technique intègre Bancomat pour l’Italie, Girocard pour l’Allemagne et Wero à l’échelle européenne.
Au-delà de l’international strictement commercial, il y a une dimension européenne plus profonde dans l’ambition de Nepting. Le marché du paiement européen est en pleine recomposition, sous la double pression de la réglementation, avec PSD2, PSD3 à venir et l’euro numérique en gestation, et de la concurrence des géants américains. Dans ce contexte, l’émergence d’un acteur technologique européen capable d’offrir une alternative crédible aux offres dominantes est une question qui dépasse le seul enjeu commercial.
Nepting, par sa taille actuelle, ne prétend pas jouer dans la même cour qu’un Adyen. Mais son positionnement d’acteur technologique agnostique, qui permet à l’écosystème européen de construire ses propres solutions sans dépendre d’un fournisseur unique, lui donne un rôle particulier dans cette recomposition.
Un écosystème entre concurrence, partenariats et complémentarités
Dans l’écosystème du paiement, les frontières entre concurrent, partenaire et fournisseur de services complémentaires sont rarement totalement figées. Nepting évolue dans cet environnement avec une approche pragmatique : selon les dossiers, les secteurs et les besoins des clients, un même acteur peut être à la fois présent sur des appels d’offres similaires, tout en intervenant comme partenaire sur certaines briques de valeur.
Sur les grands appels d’offres internationaux dans le retail, Nepting peut ainsi croiser des acteurs comme Adyen ou Worldline. Dans l’hôtellerie, l’environnement de marché fait davantage apparaître des spécialistes comme Planet Payment. Sur certains dossiers plus ponctuels, Aevi peut également être identifié, notamment du fait de sa présence en Allemagne et en Europe de l’Est.
Mais cette lecture uniquement concurrentielle ne suffit pas à décrire la réalité du marché. Planet Payment peut par exemple être présent sur des segments proches de ceux adressés par Nepting, tout en étant également un partenaire sur des services de DCC, la conversion dynamique de devises proposée aux clients internationaux. Ce type de configuration illustre bien la logique du secteur : les acteurs avancent rarement en silos, et les alliances se construisent souvent autour des besoins concrets des marchands, des acquéreurs et des environnements d’encaissement.
« Le modèle de Nepting est d’agréger autour d’une plateforme de paiement moderne un écosystème d’acteurs spécialisés dans leur domaine au service de l’expérience client. Ces acteurs sont les acquéreurs, les fournisseurs de TPE, les fournisseurs de services à valeur ajoutée comme le DCC, les pourboires, les arrondis en caisse ou la fidélité », explique Florian Cottereau.
L’un des autres points de comparaison du marché se situe moins du côté d’un acteur identifié que d’un modèle historique : celui du terminal de paiement autonome, non centralisé. Cette approche peut rester attractive à court terme, notamment pour des raisons de simplicité ou de coût d’équipement. Mais elle répond moins aux nouveaux besoins d’intégration avec les systèmes de caisse, les outils métiers et les services à valeur ajoutée.
C’est là que se joue une partie de l’évolution du marché. Certains acquéreurs peuvent continuer à privilégier une approche très simple, centrée sur le terminal. D’autres cherchent au contraire à proposer davantage de valeur logicielle autour de l’encaissement, avec des connexions natives à la caisse, le SoftPOS, ou encore des services additionnels générateurs de revenus. Les deux modèles coexistent aujourd’hui, mais la trajectoire de long terme semble plutôt orientée vers des environnements plus centralisés et mieux intégrés.
Cette évolution rejoint un autre mouvement de fond : de plus en plus d’éditeurs logiciels cherchent à embarquer eux-mêmes une offre de paiement intégrée, plutôt que de laisser leurs clients gérer séparément leur contrat de paiement. Ce modèle a notamment été installé par Adyen via son offre Adyen for Platforms, utilisée par des acteurs comme L’Addition et d’autres éditeurs de systèmes de caisse ou d’ERP.
Pour les éditeurs, l’intérêt est double. Ils peuvent enrichir leur proposition de valeur, capter une partie des revenus liés au paiement et proposer une expérience plus intégrée à leurs utilisateurs. En contrepartie, ce modèle peut aussi créer une forme de dépendance vis-à-vis du fournisseur de paiement choisi, avec moins de flexibilité pour négocier, changer d’acquéreur ou adapter la chaîne de paiement à différents cas d’usage.
Nepting prépare une réponse à cette dynamique, dans une logique fidèle à son ADN d’ouverture.
« On monte une offre qui va concurrencer ça, mais dans une approche beaucoup plus ouverte », indique Florian Cottereau.
En parallèle, les services à valeur ajoutée autour du paiement prennent une place croissante. Le DCC est déjà opérationnel. Un partenariat est en cours avec Billiv sur la fidélité. Sur le pourboire dématérialisé, Nepting travaille avec des acteurs spécialisés comme Sunday, HEOH, TIPSI et Yavin, tout en proposant également sa propre solution intégrée, gratuite pour ses clients, configurable en pourcentages ou en montants forfaitaires.
Cette montée en puissance des services périphériques illustre une transformation plus large : le paiement n’est plus seulement un acte d’encaissement. Il devient un point d’intégration entre la caisse, l’expérience client, les services financiers et les revenus additionnels que les marchands peuvent activer autour du parcours d’achat.
La discipline d’un métier : rester là où on excelle
Ce qui frappe le plus dans la manière dont Nepting se raconte et se positionne, c’est la netteté des limites que l’entreprise se fixe volontairement. Avec 2 milliards de transactions traitées et une plateforme aussi sollicitée, Nepting pourrait facilement élargir son périmètre. C’est même la tentation naturelle de toute entreprise qui réussit sur un métier.
« On reste vraiment dans notre métier, qui est l’acceptation. C’est un choix fort. L’idée, c’est de se concentrer sur notre plateforme d’acceptation et de s’appuyer sur notre écosystème pour le reste », résume Florian Cottereau.
Cette discipline est probablement l’un des traits les plus distinctifs de l’entreprise, et l’un des moins commentés. Dans un marché où la plupart des acteurs cherchent à maximiser le périmètre couvert pour capturer plus de valeur par client, Nepting préfère approfondir un métier plutôt que multiplier les métiers. Ce n’est pas une stratégie de facilité : elle impose une exigence technique supérieure, puisque la plateforme doit rester constamment la meilleure dans sa couche pour que l’écosystème accepte de continuer à s’y brancher.
Mais c’est aussi une stratégie qui, à en juger par les chiffres de croissance et par la densité des partenariats tissés, produit ses effets composés dans le temps. Chaque nouveau partenaire qui rejoint l’écosystème Nepting renforce l’attractivité de la plateforme pour le partenaire suivant. Chaque nouveau pays adressé en direct ouvre des opportunités pour les partenaires existants qui peuvent suivre. Chaque nouvelle verticale couverte enrichit le corpus de savoir-faire et rend l’offre plus crédible sur les verticales adjacentes.
Ce que Nepting dit du paiement français et européen
L’histoire de Nepting dépasse son seul périmètre d’entreprise. Elle raconte quelque chose du tissu technologique français que l’on oublie trop souvent de célébrer : l’existence, derrière les licornes médiatiques et les succès bruyants, d’entreprises solides, rentables, patientes, qui bâtissent des infrastructures critiques sans tambour ni trompette.
Ces entreprises ne font pas toujours la une des médias tech, ne lèvent pas des centaines de millions à chaque tour de table, ne publient pas de communiqués triomphants toutes les semaines. Mais elles constituent une partie essentielle du tissu économique d’un pays.
Nepting raconte aussi qu’il est possible, en 2026, de construire un champion du paiement européen depuis Montpellier, avec une équipe fondatrice intacte treize ans après la création, un modèle économique sain et une vision technologique formulée quand l’iPhone 5 venait tout juste de sortir. Cette géographie a son importance : elle prouve qu’on peut bâtir une entreprise technologique ambitieuse en dehors des hubs parisiens ou londoniens, et que l’ancrage territorial peut même devenir un avantage compétitif en matière de fidélisation des équipes et de qualité d’exécution.
Elle raconte enfin que l’ouverture, dans un monde technologique qui se referme sous l’effet des logiques de plateforme et des stratégies d’intégration verticale, reste une stratégie viable. Peut-être même la plus viable à long terme. Quand beaucoup d’acteurs cherchent à construire des jardins fermés pour capturer le maximum de valeur captive, celui qui propose une infrastructure ouverte et neutre peut devenir indispensable à tous ceux qui refusent l’enfermement.
Treize ans après sa création, Nepting a bâti une position singulière : un acteur technologique rentable, piloté par ses fondateurs, adossé à Rothschild & Co depuis 2025, en croissance supérieure à 45 % par an, avec des ambitions européennes clairement affichées et une discipline stratégique qui force le respect. La thèse formulée en 2012 — cloud, plateforme, agnosticisme — est aujourd’hui en pleine matérialisation, et les prochaines années diront si elle permet de franchir le cap des 100 millions d’euros de chiffre d’affaires et d’installer Nepting comme l’un des acteurs structurants du paiement européen.
La prochaine fois que vous paierez votre café, que vous glisserez votre carte dans un automate ou que vous tendrez votre téléphone à un serveur en terrasse, il y a une chance non négligeable qu’une plateforme conçue à Montpellier soit dans la boucle. Vous ne le saurez pas. C’est très bien comme ça. L’infrastructure la plus réussie est souvent celle qu’on ne remarque pas.
