This website uses cookies

Read our Privacy policy and Terms of use for more information.

Dans le voyage, le paiement n’est jamais un simple passage en caisse. Une réservation peut être faite plusieurs mois avant le départ. Elle peut embarquer un vol, un hôtel, un transfert, une activité locale et une assurance. Elle peut aussi déclencher plusieurs paiements fournisseurs, dans plusieurs pays et parfois dans plusieurs devises.

C’est sur cette complexité que Travelsoft Group veut positionner Travelsoft Pay. La nouvelle entité dédiée aux paiements veut construire une infrastructure pensée pour les agences, tour-opérateurs, plateformes travel, hôteliers et intermédiaires B2B.

Avec une première annonce en mars 2026, le partenariat avec Mastercard permet à Travelsoft Pay d’accélérer sur l’un des sujets les plus sensibles du secteur : le paiement des fournisseurs. La plateforme s’appuie sur le Mastercard Wholesale Program pour proposer des cartes virtuelles dédiées aux paiements B2B travel.

Travelsoft Group revendique 25 ans d’expertise dans le voyage. Ses plateformes accompagnent plusieurs centaines de clients dans le monde et traitent 50 milliards d’euros de GMV annuel. Avec Travelsoft Pay, le groupe ne veut pas simplement ajouter une brique de paiement à ses logiciels : il veut faire du paiement une fonction native du booking engine.

Une roadmap produit en deux temps : encaisser et payer

La stratégie de Travelsoft Pay repose sur une distinction très claire entre deux familles de flux.

Le premier chantier concerne le pay-in. Il s’agit d’aider les acteurs du voyage à mieux accepter les paiements clients. Travelsoft Pay veut orchestrer plusieurs PSP, plusieurs banques acquéreuses et plusieurs moyens de paiement alternatifs depuis une seule couche technologique. L’objectif est d’améliorer l’acceptation, la conversion, la gestion du 3DS, le retry, le fallback et la réconciliation des encaissements.

Le deuxième chantier concerne le pay-out. Il s’agit cette fois d’aider les acteurs du voyage à mieux payer leurs fournisseurs. C’est là que le partenariat avec Mastercard prend tout son sens. Travelsoft Pay veut émettre ses propres cartes virtuelles Mastercard pour permettre aux agences, tour-opérateurs et intermédiaires travel de régler plus facilement leurs hôtels, compagnies aériennes et autres fournisseurs B2B.

Nous allons orchestrer les paiements in et les paiements out. Côté pay-in, nous allons faciliter tout ce qui est acceptation de paiement. Côté pay-out, nous opérons notre propre programme de cartes virtuelles Mastercard”, explique Mary Cotugno, Managing Director de Travelsoft Pay.

Cette double roadmap permet à Travelsoft Pay de couvrir l’ensemble du cycle financier d’une réservation. D’abord l’encaissement du voyageur. Ensuite le paiement des fournisseurs qui composent le voyage.

Pay-in : mieux encaisser les voyageurs

Sur le pay-in, Travelsoft Pay a développé sa propre plateforme d’orchestration. Cette brique doit permettre aux clients du groupe de connecter plusieurs PSP, plusieurs acquéreurs et plusieurs moyens de paiement depuis un même environnement.

Le sujet n’est pas seulement technique. Dans le voyage, l’encaissement est souvent plus complexe que dans l’e-commerce classique. Le client peut payer un acompte puis un solde. Il peut réserver longtemps avant son départ. Il peut acheter un package composé de plusieurs prestations. Il peut aussi utiliser un moyen de paiement local, un wallet, une carte, un virement ou une solution de paiement fractionné selon son pays.

“Le paiement avait été considéré comme une commodité. Mais nos clients doivent gérer des dizaines de moyens de paiement, plusieurs PSP, des fournisseurs partout dans le monde, des contraintes réglementaires croissantes, des problématiques de fraude, des enjeux de conversion et surtout des besoins de réconciliation”, explique Mary Cotugno.

La plateforme pay-in de Travelsoft Pay doit donc embarquer plusieurs fonctions : routage intelligent, gestion du 3DS, retry, fallback et règles de paiement adaptées aux parcours travel. L’objectif est de permettre aux clients de choisir le meilleur chemin de paiement selon le pays, le canal, le type de réservation ou le moyen de paiement.

“Nous avons notre propre solution d’orchestration. Nous avons du routage intelligent, du 3DS adapté, la possibilité d’offrir du retry et une logique de fallback”, précise Mary Cotugno.

Mais la différenciation de Travelsoft Pay se joue surtout dans les règles métiers. Une plateforme d’orchestration généraliste peut optimiser un paiement carte. Travelsoft Pay veut aller plus loin en tenant compte de la logique de réservation.

Le paiement en plusieurs fois en est un bon exemple. En France, certains acteurs du voyage affichent l’échéancier dès la recherche du séjour. Dans d’autres marchés, cette information apparaît plutôt au checkout. Ce type de règle varie selon les pays, les plateformes et les usages clients.

“Les plateformes d’orchestration qui existent sur le marché ne supportent pas les règles métiers natives du travel. Elles ont été conçues pour du e-commerce. Elles sont très bien pour ce qu’elles font. Mais notre valeur ajoutée, c’est justement de prendre en charge cette logique métier”, explique Mary Cotugno.

Une approche agnostique sur les PSP

Sur cette partie pay-in, Travelsoft Pay veut rester agnostique. La société ne souhaite pas imposer un PSP unique à ses clients.

La plateforme doit intégrer progressivement plusieurs PSP, banques acquéreuses et moyens de paiement alternatifs. L’objectif est de laisser les clients choisir leurs prestataires tout en bénéficiant d’une couche d’orchestration commune.

“L’idée est vraiment de laisser les clients choisir le PSP avec lequel ils veulent travailler”, indique Mary Cotugno.

Cette prudence répond à la réalité du voyage. Un PSP pertinent en France ne l’est pas forcément au Royaume-Uni, en Espagne ou en Allemagne. Un prestataire adapté à une agence B2C ne répond pas toujours aux besoins d’un acteur B2B. Les méthodes de paiement, les schémas d’acquisition et les taux d’acceptation varient selon les marchés.

“Le fait d’annoncer un partenariat avec un PSP ne veut pas dire que ce PSP pourra supporter tous les besoins d’un client dans un autre pays ou sur une autre plateforme”, précise Mary Cotugno.

Travelsoft Pay ne prévoit donc pas d’annoncer l’ensemble des partenaires intégrés à sa plateforme. Le groupe préfère mettre en avant certains acteurs lorsqu’ils ont une pertinence sur plusieurs marchés ou plusieurs plateformes.

Pay-out : payer les fournisseurs avec des cartes virtuelles travel

Le deuxième axe de la roadmap produit concerne le pay-out. C’est le chantier le plus structurant dans le partenariat avec Mastercard.

Dans le voyage, le paiement fournisseur est souvent l’un des points les plus complexes de la chaîne. Une agence ou un tour-opérateur doit régler des hôtels, des compagnies aériennes, des réceptifs, des loueurs ou des plateformes d’activités. Ces paiements peuvent être internationaux. Ils peuvent être exposés au change. Ils doivent être sécurisés, rapprochés et parfois garantis.

Travelsoft Pay veut répondre à ce besoin en opérant son propre programme de cartes virtuelles Mastercard dédiées aux paiements B2B travel.

Sur la partie pay-out, c’est nous. L’idée est que les clients utilisent les cartes Travelsoft Pay”, explique Mary Cotugno.

Concrètement, lorsqu’une agence ou une plateforme doit payer un fournisseur, une carte virtuelle peut être générée depuis l’environnement Travelsoft. Elle est rattachée à une réservation précise. Elle permet de payer le bon fournisseur, au bon moment, avec des règles de contrôle adaptées.

Cette approche doit simplifier la réconciliation. Elle doit aussi améliorer la protection du client. En cas de non-prestation du service, la carte virtuelle peut ouvrir un droit au chargeback. Elle peut aussi apporter des bénéfices économiques avec des mécanismes de rebate.

“L’idée est de réduire les délais, de réduire les coûts de change et d’offrir une garantie à nos clients si le fournisseur ne fournit pas le service”, explique Mary Cotugno.

L’aérien, cas d’usage prioritaire du pay-out

L’aérien illustre bien la complexité que Travelsoft Pay veut adresser côté pay-out. Les agences de voyage doivent composer avec des règles spécifiques selon les compagnies. Certaines compagnies limitent l’utilisation des cartes corporate. D’autres encouragent le paiement avec la carte du consommateur final. Or ce schéma n’est pas toujours compatible avec le modèle des agences.

Dans certains cas, les agences doivent passer par le BSP et mobiliser des garanties bancaires. Ces garanties coûtent cher et immobilisent de la trésorerie. Elles peuvent aussi limiter la capacité des agences à prendre davantage de réservations.

Travelsoft Pay veut utiliser le Mastercard Wholesale Program pour proposer des produits de paiement plus adaptés au B2B travel. L’objectif est de négocier progressivement avec les fournisseurs, notamment les compagnies aériennes, des cartes ou produits de paiement adaptés à leurs contraintes.

“L’idée, demain, est de négocier avec chaque fournisseur un produit adapté. Le client ne doit pas avoir à se soucier du moyen de paiement. Il doit simplement cliquer sur pay et le paiement est pris en charge par nous”, explique Mary Cotugno.

À terme, Travelsoft Pay veut donc transformer le paiement fournisseur en logique métier embarquée. Le client ne choisit plus manuellement le moyen de paiement selon le fournisseur. La plateforme applique la bonne règle, le bon produit et le bon circuit.

Partir du booking engine plutôt que du paiement

Cette double roadmap pay-in et pay-out repose sur un choix technologique fort. Travelsoft Pay ne part pas d’une API de paiement à intégrer dans un logiciel travel. La société part des booking engines déjà opérés par Travelsoft Group.

Travelsoft Group rassemble plusieurs sociétés spécialisées dans les technologies du voyage. On y retrouve notamment Orchestra en France, Travel Compositor et Travelgate en Espagne, Atcore et Tiger Bay au Royaume-Uni, Travel Connection Technology en Roumanie, AirQuest et Traffics en Allemagne, ainsi que d’autres activités en Autriche et en France.

L’objectif est de rendre les deux volets du paiement directement embedded dans ces environnements. Côté pay-in, l’acceptation est intégrée dans le parcours de réservation. Côté pay-out, la carte virtuelle est générée depuis la logique de réservation.

“Nous avons fait le process inverse. Nous sommes partis des booking engines que nous avons déjà. Les sociétés du groupe qui ont intégré Travelsoft Pay l’ont fait en deux semaines”, explique Mary Cotugno.

Ce point est central. Dans le voyage, intégrer une API bancaire ou une plateforme d’émission de cartes à un booking engine peut prendre des mois. Travelsoft Pay veut réduire cette friction en faisant du paiement une fonctionnalité déjà embarquée dans les outils utilisés au quotidien par les agences et les intermédiaires travel.

“Si une agence de voyage utilise une des plateformes du groupe, l’idée est qu’elle ne doive absolument rien faire. Pas d’intégration. Elle doit simplement pouvoir payer”, résume Mary Cotugno.

Une infrastructure travel avant d’être une infrastructure paiement

Travelsoft Pay démarre avec une plateforme pay-in live et une plateforme pay-out live. Le lancement opérationnel commence avec deux sociétés du groupe et un premier client externe. La montée en charge devrait ensuite se faire progressivement au sein de l’écosystème Travelsoft.

Cette progression reflète la logique produit de Travelsoft Pay. Le pay-in doit d’abord permettre de mieux encaisser les voyageurs, en orchestrant les PSP, les acquéreurs, les moyens de paiement et les règles de conversion. Le pay-out doit ensuite permettre de mieux payer les fournisseurs, en générant des cartes virtuelles Mastercard intégrées aux réservations.

L’enjeu dépasse l’ajout d’une simple brique de paiement. Dans le voyage, le paiement touche à la réservation, à la relation fournisseur, à la trésorerie, à la marge, à la fraude, à la réconciliation et à l’expérience client.

C’est précisément cette transversalité que Travelsoft Pay veut adresser. Le groupe ne veut pas devenir un PSP généraliste. Il veut devenir l’infrastructure de paiement native du voyage.

“Travelsoft Pay est né des réalités quotidiennes de nos clients, les intermédiaires et les fournisseurs qui font fonctionner cette industrie”, résume Mary Cotugno.

Avec Mastercard, Travelsoft Pay veut structurer une couche de paiement B2B sécurisée, modulaire et pensée pour les spécificités du travel. Dans un secteur où chaque réservation déclenche deux mouvements financiers distincts, l’encaissement du voyageur puis le paiement du fournisseur, la promesse est claire : faire du paiement non plus une contrainte à intégrer, mais une fonction métier directement embarquée dans les outils du voyage.

Keep Reading