Il y a treize ans, nous avons contribué à faire du numéro de téléphone une alternative à l’IBAN pour les paiements entre particuliers. À l’époque, c’était une évidence : pourquoi saisir un IBAN de 27 caractères pour rembourser un déjeuner, alors que nous avions tous dans notre poche un identifiant beaucoup plus simple ?
L’usage s’est installé, puis généralisé. Aujourd’hui encore, de nouvelles solutions de paiement, notamment Wero, reposent sur ce principe. Pourtant, chez Lydia, nous pensons qu’il est désormais temps d’en sortir. Non pas parce que le numéro de téléphone était une mauvaise idée, mais parce que le contexte a changé.
Une transaction est ponctuelle. Votre numéro, lui, reste.
En 2013, nous regardions essentiellement le numéro de téléphone comme un moyen simple d’identifier une personne. En 2026, c’est aussi une donnée personnelle qui permet de vous appeler ou de vous écrire, longtemps après une transaction. C’est devenu l’un des terrains du démarchage, des sollicitations indésirables et de certaines formes de fraude.
La fraude par manipulation, qui comprend notamment la fraude au faux conseiller bancaire, a atteint 516 millions d’euros en France en 2025, en hausse de 34 % en un an. Bien sûr, donner son numéro pour récupérer 12 euros ne signifie pas que l’on sera victime d’une fraude. Mais la vraie question est plus simple : pourquoi partager une donnée personnelle lorsqu’elle n’est plus nécessaire ?
La technologie doit permettre de partager moins
Cette réflexion dépasse le paiement. WhatsApp, historiquement construit autour du numéro de téléphone, évolue lui-même vers des usages permettant d’échanger sans avoir à révéler son numéro. C’est une évolution logique : plus nos vies passent par nos téléphones, plus nous devons pouvoir choisir à qui nous donnons accès à nos coordonnées personnelles.
Chez Lydia, nous avons donc supprimé la nécessité de partager son numéro pour envoyer ou recevoir de l’argent : un lien suffit désormais. Mais le sujet dépasse Lydia.
Un standard doit pouvoir être remis en question
Nous avons contribué à populariser le numéro de téléphone comme identifiant de paiement. Cela nous donne aussi une responsabilité particulière lorsqu’il nous semble que le contexte a changé. Un standard n’a pas vocation à survivre simplement parce qu’il est devenu un standard.
À l’heure où l’Europe construit les infrastructures de paiement des prochaines années, le secteur devrait collectivement tirer une conclusion très simple :
Le meilleur moyen de protéger une donnée personnelle reste encore de ne pas avoir besoin de la partager.

