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Adyen est à la fois un concurrent de Verifone et l’un de ses plus gros clients. La plateforme lui achète des terminaux de paiement depuis plusieurs années. Pour Guillaume Broutart, cette relation illustre le choix que le groupe entend désormais appliquer plus largement en France : travailler avec d’autres acteurs du paiement, y compris lorsque leurs offres se recoupent.

« Depuis quelques années, on a vraiment fait le choix de l’ouverture, de l’agnosticité, du partenariat », explique le dirigeant. Cette orientation se traduit à la rentrée par trois accords qui répondent à des objectifs distincts. Avec 1POINT6, Verifone complète Paybox par des services d’acquisition bancaire. Avec Monext, il ouvre un nouveau canal de distribution pour ses solutions de proximité. Avec Nepting, il renforce la compatibilité de ses terminaux Android avec une plateforme tierce.

Ces partenariats prolongent une transformation engagée depuis plusieurs années. Selon Verifone, un paiement par carte sur deux dans le monde passe par ses produits ou ses solutions. Historiquement identifié au terminal, Verifone a élargi son activité aux plateformes d’acceptation et aux services associés. En France, le groupe s’appuie notamment sur Paybox pour le paiement en ligne et sur Wynid pour la proximité.

Avec 1POINT6 une offre intégrée pour les e-commerçants

Préparé depuis un peu plus d’un an selon Guillaume Broutart, le partenariat avec 1POINT6 répond à une difficulté concrète pour les marchands : devoir organiser séparément la relation avec leur prestataire technique et leur banque acquéreuse. L’offre annoncée le 8 septembre réunit ces composantes dans un contrat unique, avec un interlocuteur unique.

Verifone fournit la page de paiement Paybox, la sécurisation des transactions, le back-office et les outils de prévention de la fraude. 1POINT6, filiale du groupe BNP Paribas, assure les services d’acquisition bancaire, l’ouverture de compte et les vérifications KYC. Le dispositif couvre ainsi le parcours jusqu’au versement des fonds sur le compte du commerçant.

Pour Verifone, cette formule doit permettre de répondre à des attentes que Guillaume Broutart associe à la progression des offres intégrées d’Adyen et de Stripe. Le marchand cherche à simplifier son démarrage puis sa gestion quotidienne, avec une meilleure visibilité sur les services et les coûts. La compétitivité tarifaire fait partie des objectifs avancés par le dirigeant, sans comparaison chiffrée communiquée à ce stade.

Le choix d’un partenaire bancaire s’inscrit aussi dans les relations historiques de Verifone avec les banques. « On travaille beaucoup avec les banques », rappelle Guillaume Broutart. L’accord avec 1POINT6 permet donc d’élargir l’offre tout en s’appuyant sur cet écosystème.

La commercialisation reste portée par les équipes Verifone auprès de leurs clients. Celles de 1POINT6 interviennent dans le parcours d’entrée en relation, notamment sur les vérifications et les sujets d’acquisition. Disponible en e-commerce, l’offre doit ensuite être étendue à la proximité, avec un objectif évoqué par le dirigeant d’ici la fin de l’année.

Consolider les secteurs où Paybox est déjà implanté

Selon Verifone, un e-commerçant sur trois en France utilise Paybox. Cette offre intégrée doit d’abord soutenir le développement de Paybox auprès des petites et moyennes entreprises. Guillaume Broutart décrit une clientèle à la recherche d’une solution simple à mettre en place, couvrant les besoins essentiels du paiement et les principaux portefeuilles numériques, dont Apple Pay, Google Pay et PayPal.

Le voyage et l’assurance occupent une place importante dans cette activité. Le dirigeant cite également le secteur public et la billetterie, ainsi que le mobilier, la décoration, l’électroménager et le prêt-à-porter. Ces implantations se sont construites au fil des références commerciales : une solution adaptée à un premier acteur peut ensuite être proposée à d’autres entreprises du même secteur.

La priorité consiste à renforcer ces positions. Verifone compte sur l’ajout de l’acquisition pour convaincre de nouveaux marchands et faire évoluer l’équipement de sa clientèle existante. L’enjeu commercial sera de mesurer dans quelle proportion cette simplification conduit les entreprises à retenir l’offre complète.

Monext devient un distributeur des solutions de proximité

Le partenariat avec Monext suit une autre logique. Les deux entreprises se concurrencent dans le paiement en ligne, mais Monext s’appuie ici sur Verifone pour compléter son offre en magasin. L’alliance a été officialisée le 3 septembre dernier.

Selon Guillaume Broutart, cet accord fait suite à un appel d’offres remporté en 2025. La solution commune associe l’offre e-commerce de Monext à la plateforme de proximité Wynid, aux terminaux Android de Verifone et aux services de maintenance. Monext commercialise cet ensemble auprès de ses clients, des grands comptes aux commerçants de plus petite taille.

Verifone accompagne cette distribution par la formation des équipes et un appui en rendez-vous commercial. Le groupe prévoit également d’associer Monext à ses réflexions sur les prochaines évolutions de produits. Il s’agit de donner au partenaire les moyens de vendre et d’opérer une offre de proximité dans la durée.

Pour Verifone, la portée de l’accord dépasse donc la fourniture de matériel. Monext devient un relais commercial pour un ensemble comprenant la plateforme et les services. Le groupe peut ainsi développer sa présence en magasin à travers la clientèle et les équipes d’un autre acteur du paiement.

Avec Nepting ouvrir davantage le choix des terminaux

Le troisième accord porte sur la connexion des terminaux Android de Verifone à la solution Nepting. Guillaume Broutart indique que l’ensemble de cette gamme est connecté et certifié avec l’offre du partenaire.

Nepting ne revend pas les terminaux. La commercialisation passe par les banques et les revendeurs, qui peuvent proposer le matériel Verifone avec cette connexion. Pour les acteurs qui gèrent des parcs mêlant plusieurs constructeurs, l’intérêt est de conserver une plateforme commune pour piloter les équipements et leurs évolutions à distance.

Ces trois accords font donc coexister plusieurs modes de commercialisation. Verifone conserve une relation directe avec les marchands dans l’offre construite avec 1POINT6. Monext distribue une solution commune. Nepting élargit les possibilités d’intégration du matériel auprès des banques et des revendeurs.

Des terminaux Android et une démarche de recyclage

Le matériel reste une composante importante de cette stratégie. Guillaume Broutart décrit une gamme devenue presque entièrement Android et connectée. Cette évolution accompagne l’ouverture des terminaux à différentes solutions logicielles, dont celle de Nepting, et le développement de nouveaux usages en magasin.

Le dirigeant met également en avant une démarche d’économie circulaire. Il indique que Verifone utilise du plastique recyclé dans la fabrication de ses terminaux et organise leur recyclage en fin de vie. Il présente cette approche comme un élément de différenciation industrielle, avec l’objectif de conserver la résistance et la durée de vie des équipements.

Un ancrage local à entretenir

Guillaume Broutart revendique près de 100 000 clients en France et plus d’une centaine de collaborateurs. L’activité est répartie entre les grands comptes, les petites et moyennes entreprises et les partenariats. Selon lui, ces trois pôles représentent chacun environ un tiers du chiffre d’affaires français.

Le dirigeant met en avant les équipes et les solutions locales, dont le back-office commun Vision, pour répondre aux préoccupations de souveraineté et de résilience. Il cite le soutien à CB ainsi que Wero, inscrit dans la trajectoire de Verifone pour le e-commerce puis la proximité. Il insiste sur la nécessité d’associer les moyens de paiement nationaux et européens à des bénéfices concrets pour les commerçants.

Ce positionnement implique aussi des travaux techniques moins visibles. La finalisation de la migration des clients de proximité vers FRV6 figure parmi les priorités de fin d’année évoquées dans l’entretien, aux côtés du lancement des trois partenariats.

La biométrie reste au stade des premiers projets français

Verifone prépare également de nouveaux usages autour de ses terminaux. Le groupe investit dans la reconnaissance faciale et celle de la paume de la main, avec des dispositifs intégrés au matériel ou ajoutés à des équipements existants.

En France, Guillaume Broutart évoque de premiers pilotes d’ici la fin de l’année avec un grand client. Le cas d’usage n’est toutefois pas encore arrêté. Le paiement en caisse et l’association avec la fidélité font partie des pistes envisagées. Le dirigeant souligne que les tests devront permettre d’identifier une expérience simple à déployer et à comprendre pour les commerçants comme pour leurs clients.

À plus court terme, la priorité reste la mise en œuvre commerciale des accords avec 1POINT6, Monext et Nepting. Verifone entend concentrer ses équipes sur les premiers déploiements et la résolution des difficultés opérationnelles. C’est à cette étape que se vérifiera la promesse commune de ces rapprochements : réunir plusieurs expertises sans reporter leur complexité sur le commerçant.