Bonjour à toi,

On parle beaucoup d’intelligence artificielle dans les paiements. Trop, peut-être.

On la promet révolutionnaire sur la fraude, magique sur la conversion, décisive sur la personnalisation. Mais derrière les discours, la réalité opérationnelle reste plus nuancée : la fraude ne disparaît pas, elle se transforme. Et les équipes paiement continuent, jour après jour, d’arbitrer entre protection et fluidité.

Car la fraude n’est jamais un simple taux. C’est une mise en tension permanente.

Trop de vigilance, et l’on dégrade l’expérience client. Pas assez, et la perte financière s’installe - souvent silencieuse, parfois structurelle.

Ce que montre Back Market, dans le travail qu’il mène aujourd’hui sur son architecture antifraude, c’est peut-être un déplacement plus profond : la fraude cesse d’être un sujet défensif, traité à coup de règles et de seuils, pour devenir un problème d’ingénierie organisationnelle.

Non plus : comment détecter plus? Mais : comment industrialiser le raisonnement de ceux qui détectent le mieux?

Dans la plupart des entreprises, l’antifraude repose encore sur une superposition d’outils spécialisés, de règles héritées et de modèles prédictifs plus ou moins opaques. Les meilleurs résultats proviennent souvent d’analystes expérimentés, capables de “sentir” un cas anormal à partir d’une combinaison de signaux faibles : comportementaux, logistiques, linguistiques.

Le problème n’est donc pas l’intelligence. Le problème est l’échelle. Nous entrons dans une ère où l’IA ne se contente plus d’automatiser des tâches. Elle commence à structurer des disciplines.

Fraude, réconciliation, scoring, gestion des exemptions 3DS, arbitrage des flux… Autant de domaines où la valeur ne réside plus uniquement dans la donnée, mais dans la capacité à formaliser l’expertise métier.

Et derrière ce mouvement se joue une question stratégique pour les responsables paiement : Qui détient réellement l’intelligence opérationnelle ?

La chaine de valeur du paiement ? Les outils anti-fraude ? Ou les équipes internes capables de penser leur propre architecture ?

Dans un écosystème où la fraude devient systémique, mouvante et parfois hybride - à la frontière entre paiement, logistique, marketing et service client - la performance ne se décrète pas. Elle s’orchestre.

Et c’est peut-être là le vrai sujet : La fraude n’est plus un coût à contenir. Elle devient une discipline stratégique, pilotée comme une infrastructure.

Chloé

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La fraude chez Back Market : industrialiser l’intelligence

La fraude ne se résume jamais à un taux. Derrière un pourcentage maîtrisé se joue un équilibre fragile entre protection et fluidité. Pour une marketplace grand public, chaque durcissement de contrôle peut dégrader l’expérience. Trop protéger ralentit. Trop relâcher expose. L’arbitrage est permanent. Plutôt que d’empiler des règles, Back Market a choisi d’industrialiser le raisonnement de ses analystes grâce à une architecture d’agents d’intelligence artificielle. L’IA ne remplace pas la décision : elle la rend scalable. Une approche qui transforme la lutte antifraude en discipline stratégique et qui interroge, au-delà de ce cas, la manière dont les équipes paiement reprennent la main sur leur intelligence opérationnelle.

Processing : l’infrastructure sous pression

Le paiement semble instantané. Un clic, un sans-contact — et la transaction disparaît derrière une expérience fluide. Pourtant, sous cette simplicité apparente, le processing concentre une mécanique de plus en plus exigeante : autorisations, compensation, sécurité, conformité réglementaire. À mesure que les volumes augmentent et que les attentes en matière de disponibilité s’intensifient, ce maillon longtemps invisible devient un point critique de la chaîne de valeur. Car le processing n’est plus une simple fonction technique. Il devient un enjeu d’industrialisation, de résilience et, de plus en plus, de souveraineté. Consolidations, joint-ventures, course à la taille : le secteur entre dans une phase où la performance se mesure autant en robustesse qu’en innovation. Derrière chaque paiement réussi, une infrastructure qui ne peut plus se permettre l’erreur.

Les dernières actualités de l’écosystème paiement

Fabien Gomez prend les fonctions de Chief Technology Officer d’Upstream Pay (Purse) après un parcours de près de vingt ans dans les infrastructures critiques et le cloud à très grande échelle. Il débute chez Verizon Business avant de rejoindre Google, où il travaille sur le backbone mondial et les datacenters du groupe. Il poursuit chez Microsoft, où il accompagne la transition vers Azure et pilote des équipes mêlant ingénierie réseau et software, puis chez DocuSign où il dirige les initiatives de cloud privé et de Software Defined Networking. Il intègre ensuite Facebook (Meta) pour superviser l’ingénierie de production réseau et les infrastructures supportant des environnements à haute criticité, notamment autour du Metaverse, du Edge computing et du cloud gaming. De retour en France en 2024 chez ADEO, il occupait un poste d’Engineering Manager avant de rejoindre Upstream Pay pour structurer et piloter sa stratégie technologique.

Ruben Nussbaumer rejoint Estreem comme Chief Product Officer. Il pilotera la stratégie produit de la plateforme de processing appelée à traiter près de 17 milliards de transactions par an, avec l’ambition d’installer Estreem parmi les trois premiers acteurs européens. Il rejoint Estreem après plus de six années chez Worldline, où il a dirigé d’importantes équipes Produit & Tech sur les paiements en point de vente et e-commerce, pilotant des organisations allant jusqu’à 600 collaborateurs.

Surendettement : l’alerte se déplace vers les jeunes (18–29 ans) - En 2025, les dépôts de dossiers de surendettement progressent encore (+9,8%, 148.013 dossiers) mais le signal marquant est générationnel : +36% chez les 18–29 ans (17.000 dossiers) et +65% chez les 18–25 ans (8.000). La Banque de France pointe une fragilité sociale plus forte (emploi, logement) et une structure d’endettement davantage orientée consommation, avec une présence croissante des mini-crédits/paiements fractionnés - que la transposition de la directive crédit conso, attendue pour novembre 2026, doit mieux encadrer (solvabilité, information, orientation vers conseil indépendant).

Wero passe à l’encaissement de factures en Belgique - Defrancq fait partie des premiers acteurs belges à proposer le paiement de factures via Wero grâce au PSP POM, avec un angle très “terrain” : des montants plus élevés, une expérience A2A simplifiée et une mise en production rapide dès que les premières banques ont été prêtes. Pour l’instant, l’acceptation Wero côté “business” est ouverte aux clients ING et KBC, avec un élargissement annoncé à d’autres banques belges plus tard en 2026.

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