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BNP Paribas prévoit de réunir Floa et BNP Paribas Personal Finance, l’entité qui porte notamment la marque Cetelem. Révélé le 9 octobre par Les Échos, puis confirmé par la banque à l’AFP, le projet prend la forme d’une fusion-absorption de Floa par BNP Paribas Personal Finance. Sa réalisation est envisagée au cours des quatre premiers mois de 2027, sous réserve de l’aboutissement des procédures nécessaires.

Présenté cette semaine aux représentants du personnel, le rapprochement doit permettre au groupe de proposer une offre couvrant le paiement fractionné et le financement de la consommation en France. Il intervient à quelques semaines de l’application des nouvelles règles européennes sur le crédit à la consommation, qui élargissent notamment leur périmètre aux financements courts utilisés dans les parcours de paiement.

Une nouvelle étape depuis l’acquisition de Floa

BNP Paribas avait finalisé l’acquisition de Floa auprès de Casino et du Crédit Mutuel en février 2022. Le groupe entendait alors renforcer son portefeuille de solutions de paiement et de crédit, tout en soutenant le développement européen de sa nouvelle filiale. Floa avait rejoint les Nouveaux Business Digitaux, aux côtés d’autres activités comme Nickel et Lyf.

Depuis, Floa et BNP Paribas Personal Finance ont conservé des organisations distinctes, avec des offres qui se recoupent en partie. Si Floa est principalement identifiée au paiement fractionné, elle commercialise également des crédits amortissables, des crédits renouvelables et du regroupement de crédits.

Selon Les Échos, cette coexistence a parfois conduit les deux filiales à se retrouver en concurrence sur des appels d’offres, avant la mise en place d’une coordination. Le projet de fusion ouvre une nouvelle étape : réunir dans une même entité des activités qui répondent à différents besoins de financement dans le parcours d’achat.

Le paiement fractionné entre davantage dans le cadre du crédit

À partir du 20 novembre 2026, les nouvelles règles françaises issues de la directive européenne sur le crédit à la consommation s’appliqueront notamment aux crédits de moins de 200 euros et aux crédits courts avec des frais négligeables, jusqu’ici largement exclus du régime général. Elles renforcent l’information des emprunteurs et l’évaluation de leur solvabilité.

Cette évolution touche directement les solutions de paiement fractionné dont la souscription repose sur quelques étapes au moment de régler un achat. Les prestataires doivent adapter leurs parcours pour intégrer les obligations applicables, tout en conservant la rapidité attendue par les consommateurs et les commerçants.

Dans les explications transmises à l’AFP, BNP Paribas met précisément en avant le rapprochement des usages et des exigences réglementaires entre paiement et crédit. La fusion pourrait permettre de mutualiser davantage les compétences de gestion du risque, de conformité et de financement. Les modalités de cette organisation restent toutefois à préciser.

Après Merchant Services, le rapprochement de deux acteurs du financement

Le projet intervient quelques semaines après la présentation de BNP Paribas Merchant Services, dont Paiement.fr détaillait les ambitions le 17 septembre. Cette initiative rassemble six métiers du groupe autour d’un point d’entrée commun pour les commerçants : Axepta pour l’acceptation et l’acquisition, 1POINT6 pour les flux des plateformes et marketplaces, Floa et BNP Paribas Personal Finance pour le financement des particuliers, Leasing Solutions pour les équipements professionnels et BNP Paribas Factor pour l’affacturage.

Selon les chiffres présentés alors par BNP Paribas, ces activités accompagnent plus de 250 000 marchands en Europe, et 45 des 100 premiers e-commerçants sont clients d’au moins une composante de l’offre. Le chantier consiste à faciliter l’accès à des services jusqu’ici proposés par des entités disposant de leurs propres contrats, interfaces et interlocuteurs.

La fusion envisagée entre Floa et BNP Paribas Personal Finance peut se lire comme une étape supplémentaire dans cette recherche de cohérence, même si aucun lien direct entre les deux projets n’a été annoncé. Merchant Services coordonne les expertises à l’échelle du parcours marchand ; l’absorption de Floa rapprocherait juridiquement les deux entités qui portent une partie de son offre de financement aux particuliers.

Pour une enseigne, paiement fractionné et crédit à la consommation répondent à des besoins qui varient selon le montant du panier, le type d’achat et la durée de remboursement. Leur rapprochement pourrait faciliter la construction d’une offre couvrant plusieurs de ces situations. Il reste à savoir comment cette complémentarité se traduira dans les parcours de souscription, les intégrations techniques et les relations commerciales.

Une organisation et un impact social encore à préciser

Le projet ne permet pas, à ce stade, de déterminer l’avenir de la marque Floa ni les changements éventuels pour ses partenaires. Une fusion juridique ne signifie pas nécessairement une unification immédiate des offres, des plateformes techniques ou des parcours clients.

La question de l’emploi reste également ouverte. Selon Les Échos, Floa comptait 454 salariés à la fin août 2026, dont 447 en France principalement à Bordeaux. BNP Paribas Personal Finance employait de son côté 3 997 collaborateurs dans l’Hexagone. Aucun impact chiffré de la réorganisation sur les effectifs n’a été communiqué dans les éléments rapportés.

Pour les commerçants, la portée du rapprochement se mesurera à la simplicité d’accès aux différentes solutions de financement et à la coordination avec les autres services du groupe. C’était déjà l’un des enjeux identifiés lors de la présentation de Merchant Services : éviter que la complexité interne de BNP Paribas soit reportée sur le marchand. La fusion pose désormais cette question au sein même du financement des particuliers, au moment où paiement fractionné et crédit à la consommation se rapprochent sur le plan réglementaire.