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BNP Paribas et Google Cloud ont annoncé ce jeudi un partenariat stratégique de cinq ans pour accélérer l’utilisation de l’intelligence artificielle au sein du groupe bancaire. La banque française disposera désormais d’un accès élargi aux infrastructures de Google Cloud, mais aussi aux modèles Gemini et Gemini Enterprise.

Dans un premier temps, l’objectif est de donner aux équipes de BNP Paribas les outils nécessaires pour créer et déployer des agents IA capables de prendre en charge des processus métier complexes. « Nous regardons l’IA comme une opportunité de repenser les processus métier afin de mieux servir les clients, d’améliorer l’expérience des collaborateurs et de mieux gérer les risques », explique Charles Holive, Chief AI Officer de BNP Paribas Corporate & Institutional Banking (CIB).

La première application concrète concerne BNP Paribas CIB. Grâce à Gemini Enterprise, il sera possible de développer des agents chargés d’aider à la préparation de mémos de crédit pour les entreprises.

D’autres cas d’usage sont prévus dans les métiers de marchés, notamment auprès des équipes commerciales, de trading, de recherche et de structuration. Gemini sera aussi intégré à LLM@CIB, l’assistant interne d’intelligence artificielle générative de BNP Paribas CIB, déjà utilisé par plus de 65 000 collaborateurs de la banque.

La sécurité comme priorité

L’essor de l’agentique implique la mise en place de règles strictes en matière de sécurité. BNP Paribas souligne ainsi que chaque agent devra être authentifié individuellement et ne bénéficier que des autorisations nécessaires à l’accomplissement de sa mission.

« Agentique ne veut pas dire autonomie totale ni laisser les agents faire ce qu’ils veulent. C’est même l’inverse : nous devons déterminer quelle technologie utiliser pour quel cas d’usage, avec quel niveau d’intelligence et quel niveau d’autonomie », souligne Charles Holive.

L’accès de ces agents aux systèmes d’information sera lui aussi étroitement contrôlé. Certaines catégories de données et certains workloads resteront notamment exclus du cloud public. Gemini Enterprise doit permettre d’appliquer ce type de restrictions, en définissant les droits attribués à chaque agent et les ressources auxquelles il peut accéder. Des mécanismes de traçabilité doivent également permettre de suivre les actions réalisées par les agents.

Un agent chargé de préparer un mémo de crédit pourra ainsi être autorisé à consulter certains documents internes sans pour autant pouvoir modifier une base de données ou accéder à d’autres informations sensibles.

Google Cloud met par ailleurs en avant la flexibilité de sa plateforme. Celle-ci donne accès à plus de 200 modèles, parmi lesquels des modèles Google, des modèles tiers et des modèles ouverts, afin de permettre aux entreprises de choisir la technologie la plus adaptée à leurs besoins.

Cette logique correspond à la stratégie revendiquée par BNP Paribas. « Nous ne voulons pas dépendre d’un seul fournisseur de cloud ou d’un seul fournisseur de modèles” explique Marc Camus, Group CIO de BNP Paribas. “Nous voulons conserver la flexibilité d’utiliser différents types d’infrastructures et différents modèles en fonction des besoins métier. »

Une première étape vers les paiements agentiques ?

BNP Paribas utilisait déjà indirectement Gemini, via sa filiale Nickel, spécialisée dans les comptes de paiement. En effet, la technologie alimente Nickel Assist, un outil destiné à aider environ 200 conseillers à retrouver plus rapidement des réponses dans les procédures et documents internes de l’entreprise.

Le déploiement des outils de Google Cloud en interne pourrait aussi préparer, à plus long terme, de nouveaux usages à destination des clients. Interrogé par Paiement.fr sur la possibilité de voir des agents intervenir dans des paiements ou d’autres processus transactionnels, Charles Holive explique qu’il n’y a pas de cas d’usage concret à ce stade. 

Il a toutefois confirmé que BNP Paribas anticipait une évolution vers des interactions directes entre agents : « Nous passons progressivement d’interactions entre humains à des interactions entre humains et agents, puis entre agents. Dans les prochaines années, il y aura des opportunités pour exposer certains de nos services aux agents de nos clients. »

Ces premiers déploiements permettront aussi au groupe d’éprouver des mécanismes d’authentification, de gestion des permissions et de traçabilité qui pourraient devenir indispensables si des agents sont un jour autorisés à intervenir dans des transactions.

Il faudra alors pouvoir vérifier l’identité de l’agent, déterminer précisément son champ d’action et s’assurer qu’il ne dépasse pas les autorisations qui lui ont été accordées. La traçabilité constituera un autre enjeu majeur, puisqu’il faudra pouvoir garantir que chaque opération réalisée sera ensuite vérifiable. 

Si le partenariat avec Google Cloud ne porte donc pas directement sur le paiement agentique, il permet néanmoins à BNP Paribas de déployer à grande échelle des mécanismes qui pourraient devenir essentiels le jour où des agents seront autorisés à interagir directement avec des services financiers ou à initier des transactions.