Il s'agit de la première transaction de paiement agentique de bout en bout réalisée en environnement de production sur le réseau Mastercard. L’expérience visait à démontrer que la technologie permettant à des agents d'intelligence artificielle de rechercher, sélectionner et acheter des biens ou des services pour le compte des utilisateurs est prête.
Concrètement, un titulaire d'une carte ING a confié à un agent IA un budget afin de trouver un billet de concert à offrir à l'occasion d'un anniversaire de mariage. Après avoir analysé plusieurs options et proposé une sélection personnalisée, l'agent a procédé à l'achat auprès d'un commerçant néerlandais, après validation préalable de l'utilisateur.
Dans cette démonstration, le français Worldline a assuré le traitement du paiement de bout en bout, tandis qu'ING, en tant que banque émettrice, a validé l'autorisation de la transaction. “Le commerce agentique n'est plus théorique : il est prêt pour la production dès aujourd'hui”, s’est félicitée Madalena Cascais Tomé, membre du comité exécutif de Worldline. “Grâce à la plateforme Worldline, cette transaction démontre que nous sommes opérationnels à l'échelle européenne sur l'acceptation, l'acquisition, l'authentification et les émetteurs de cartes. Avec ING et Mastercard, nous faisons des paiements agentiques une réalité fluide et sécurisée.”
Une infrastructure prête pour les paiements pilotés par l'IA
Cette démonstration visait à prouver que l'ensemble de l'infrastructure nécessaire au paiement agentique est désormais opérationnel. Les partenaires ont toutefois insisté sur le fait que l'utilisateur avait validé la transaction avant son exécution. En effet, la supervision humaine demeure aujourd'hui centrale, alors que les questions de confiance et de sécurité constituent les derniers freins au développement du paiement agentique.
Pour sécuriser l'opération, des identifiants spécifiques ont été intégrés afin de signaler explicitement la nature agentique de la transaction. Les mécanismes traditionnels d'authentification et d'autorisation demeuraient pour leur part sous le contrôle de la banque émettrice. “Mastercard établit les bases permettant à cet écosystème de fonctionner à grande échelle : les agents sont intégrés selon des standards et des contrôles définis, les commerçants bénéficient de cadres d'intégration cohérents et les émetteurs conservent une visibilité et un contrôle complets sur chaque transaction”, a expliqué Brice van de Walle, Executive Vice President Core Payments Europe chez Mastercard.
À l'issue de cette expérimentation, les partenaires envisagent déjà des usages plus avancés, notamment les paiements récurrents automatisés ou encore les achats délégués réalisés dans le cadre de paramètres prédéfinis par les utilisateurs.
Une étape supplémentaire dans une course déjà mondiale
Si ING et Worldline revendiquent une première en environnement de production sur le réseau Mastercard, le paiement agentique fait déjà l'objet de nombreuses expérimentations à travers le monde.
En mars 2026, Santander et Mastercard avaient annoncé la réalisation de ce qu'ils présentaient comme le premier paiement exécuté de bout en bout par un agent d'intelligence artificielle dans un environnement bancaire réglementé en Europe. Cette transaction avait toutefois été réalisée dans un environnement contrôlé, destiné à valider le cadre opérationnel et les mécanismes de sécurité avant un éventuel déploiement à plus grande échelle. L'opération annoncée par ING et Worldline a pour sa part eu lieu en environnement de production.
Au-delà de l'Europe, les grands acteurs du secteur multiplient les initiatives. En avril 2025, Mastercard avait dévoilé Agent Pay, sa plateforme destinée à permettre aux agents IA d'effectuer des achats et des paiements au nom des consommateurs dans un cadre sécurisé. Visa a suivi avec Visa Intelligent Commerce, une infrastructure conçue pour intégrer les assistants IA dans les parcours d'achat tout en conservant les mécanismes habituels d'authentification et de contrôle.
Après avoir intégré l'intelligence artificielle dans la détection de fraude ou le service client, les banques, réseaux de cartes et prestataires de paiement préparent désormais l'arrivée d'agents capables d'agir directement au nom des consommateurs.
