Créée en 2017, Lyf Pay a cessé ses activités selon le média Les Echos. Issue de la fusion de Fivory et Wa!, la société n’est jamais parvenue à s’imposer durablement dans les usages, malgré près de 10 millions de téléchargements revendiqués et environ 180 millions d’euros de pertes cumulées depuis sa création, selon nos informations.
Portée historiquement par un actionnariat réunissant les banques BNP Paribas et Crédit Mutuel Alliance Fédérale, les distributeurs Auchan et le Groupe Casino et Mastercard, Lyf Pay incarnait l’ambition française d’un wallet interbancaire et inter-enseignes.
Agréée établissement de monnaie électronique, la solution proposait aux particuliers des services de paiement P2P, de paiement en magasin par QR code, de cartes de fidélité dématérialisée, enrichis ces dernières années par des bons plans et des services de paiement innovants. Côté professionnels, Lyf a bâti une offre plus structurante : encaissement mobile pour la grande distribution, solutions de paiement autonome de type scan & go (chez Brico Dépôt ou TotalEnergies), technologies de wallet en marque blanche pour des enseignes comme Casino, ainsi que l’acceptation de wallets internationaux tels qu’Alipay+ ou China UnionPay via QR code.
Malgré cette profondeur fonctionnelle, le modèle n’a jamais trouvé son équilibre économique ni son usage de masse face à Apple Pay, PayPal ou de la force de frappe d’un Wero. La fin de Lyf Pay illustre ainsi moins un échec technologique qu’une réalité de marché : dans le paiement, l’adoption et la rentabilité reposent désormais sur des effets réseau mondiaux et une intégration invisible dans les parcours existants.

